Coinbase poursuivi en justice : Cette baleine veut récupérer ses 55 millions de dollars
Coinbase de nouveau sur le banc des accusés. L’affaire remonte au 20 août 2024, une date qui restera gravée dans la mémoire de l’investisseur anonyme connu sous les initiales « D.B. ». Ce résident de Porto Rico, figure parmi les « whales » (grandes fortunes) de l’écosystème, a été la cible d’une attaque de phishing. En tentant d’accéder à ce qu’il pensait être le protocole DefiSaver, il a involontairement autorisé le tristement célèbre Inferno Drainer à siphonner la quasi-totalité de ses avoirs : environ 55 millions de dollars en DAI.
Deux ans plus tard, le 5 mai 2026, l’affaire prend une tournure judiciaire inédite. D.B. a officiellement déposé plainte contre l’exchange américain Coinbase, déclenchant un débat de fond sur la responsabilité des plateformes centralisées face au crime on-chain.
- Coinbase a été accusé par un investisseur de renom de ne pas restituer 55 millions de dollars volés, malgré des preuves claires de propriété.
- Cette affaire pourrait créer un précédent juridique pour le Web3, redéfinissant les responsabilités des plateformes centralisées face aux crimes on-chain.
Le traçage chirurgical de Zero Shadow
Malgré la complexité des transactions de dissimulation, la société d’analyse blockchain Zero Shadow a réussi à remonter la trace des actifs comme il l’est expliqué dans les documents judiciaires sur l’affaire. Par ailleurs, une partie importante des fonds volés a été localisée sur un compte utilisateur « retail » au sein de la plateforme Coinbase.
Alerté par la victime, l’exchange a réagi promptement en gelant le compte suspect. Cependant, ce qui devait être une étape vers la restitution s’est transformé en une impasse bureaucratique.
Le refus de Coinbase : Sécurité ou excès de zèle ?
Le nœud du conflit réside dans la gestion des fonds une fois immobilisés. Bien que D.B. affirme avoir fourni une preuve sous serment de sa propriété et que les preuves on-chain soient sans équivoque, Coinbase refuse catégoriquement de transférer les DAI à leur propriétaire légitime sans une ordonnance judiciaire formelle.
Les avocats de D.B. ne cachent pas leur frustration face à cette position :
« Bien que Coinbase ait agi de manière raisonnable en gelant la crypto-monnaie volée, son refus de restituer les fonds gelés au plaignant est devenu déraisonnable lorsque celui-ci a fourni une preuve sous serment de sa propriété et que Coinbase a refusé d’agir. »
Pour la défense, Coinbase outrepasse son rôle en exigeant une décision de justice là où les preuves administratives et techniques devraient suffire. Pour l’exchange, il s’agit d’une protection juridique contre d’éventuelles réclamations croisées du titulaire du compte incriminé.
Cette affaire pose une question cruciale : les plateformes centralisées peuvent-elles continuer à exiger l’arbitrage des tribunaux traditionnels pour des actifs dont l’origine illicite est prouvée par la transparence de la blockchain ?
Si D.B. obtient gain de cause, ce procès pourrait contraindre les géants du secteur comme Coinbase à réviser leurs politiques internes de restitution.