Economie : La BoE agite le pétrole, Bitcoin grimpe quand même
Que sera, sera, whatever will be, will be. Ce matin, on annonçait quatre rendez-vous macro pour clore une quinzaine déjà chargée : la décision de taux de la Banque d’Angleterre, puis une salve de trois indicateurs américains sur l’emploi, l’industrie et le logement. Les chiffres sont tombés. Verdict : une Banque d’Angleterre qui temporise sans se rassurer elle-même, un marché du travail américain plus solide que prévu, et un secteur du logement qui, lui, continue de s’enfoncer.
- La Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75 %, tout en émettant un avertissement concernant la volatilité des prix du pétrole.
- Aux États-Unis, des indicateurs économiques ont révélé un marché du travail plus solide que prévu, tandis que le secteur du logement a continué de décliner.
La BoE tient sa ligne, mais Bailey agite le pétrole
Sans surprise, le Comité de politique monétaire a maintenu son taux directeur à 3,75 %, par 6 voix contre 3. Toujours les mêmes trois faucons, Megan Greene, Catherine Mann et Huw Pill, à réclamer un relèvement immédiat à 4 %. Sixième statu quo d’affilée cette année : la routine, en apparence.
Sauf que le gouverneur Andrew Bailey n’a pas joué la carte du silence rassurant. Plus la volatilité des prix du pétrole se prolonge, à cause du conflit au Moyen-Orient, plus une hausse de taux devient probable selon lui. Un statu quo accompagné d’un avertissement n’a jamais grand-chose de rassurant. La livre sterling en a pris acte tout de suite, glissant vers 1,336 dollar en milieu d’après-midi (cours à recoller avant publication), son plus bas niveau depuis fin juillet, selon Pound Sterling Live. Les marchés de taux ont plutôt revu leurs paris à la baisse : une hausse d’ici la fin de l’année est désormais pleinement intégrée dans les prix, avec environ 50 % de probabilité d’un second geste par la suite, selon Bloomberg.

Trois indicateurs US, deux bonnes surprises et une déception
Passons à Washington, où trois chiffres sont tombés d’un coup en milieu d’après-midi, heure de Paris.
Premier verdict : l’emploi tient bon. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties à 196 000, contre 208 000 attendus et 206 000 la semaine précédente. Loin de l’inquiétude qu’on pouvait nourrir après la Fed de mercredi, le marché du travail américain respire encore.
Deuxième chiffre, l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, publié à 37,8 points, très au-dessus des 30,5 attendus par le consensus. Belle surprise sur le papier, sauf qu’il faut la relativiser aussitôt : en août, ce même indice affichait 47,4. L’industrie régionale ralentit, elle continue simplement de ralentir moins vite que redouté.
Le logement, en revanche, ne trouve aucune excuse. Les mises en chantier d’août sont tombées à 1,275 million d’unités en rythme annualisé, en repli de 2,6 % sur juillet (1,309 million) et sous le consensus de 1,31 million. Coûts de construction élevés, financement cher, pénurie de main-d’œuvre : la liste des explications n’a pas changé depuis des mois, seule la chute continue de s’accumuler mois après mois.
Bitcoin hausse malgré la valse des banques centrales
Et pendant que Londres et Washington envoient des signaux contradictoires, Bitcoin grimpe d’environ 1 % ce jeudi après-midi, repassant au-dessus des 76 400 dollars (cours à recoller avant publication). Pas de quoi effacer la gueule de bois de la semaine, entre l’échec du CLARITY Act et la hausse de taux de la Fed, mais un signal qui tranche avec la nervosité ambiante.
L’explication tient sans doute à la lecture croisée des quatre publications du jour. Un emploi américain solide sans surprise à la hausse, ça n’ajoute pas de pression haussière sur les taux au-delà de ce qui est déjà anticipé. Un logement qui déçoit, ça pousse plutôt vers plus de prudence monétaire à terme. Quant à la BoE, son statu quo un peu grinçant ne change rien directement au calcul de la Fed. Un jeudi chargé, au final, qui referme la quinzaine macro la plus dense depuis des mois sans bouleverser la trajectoire de fond du marché crypto.
Reste vendredi, et la décision de la Banque du Japon, le dernier gros rendez-vous monétaire de la semaine.