La Banque de France rapatrie 129 tonnes d’or et matérialise une plus-value comptable de 12,8 milliards d’euros
Golden moove. La Banque de France a confirmé ce mardi 24 mars l’achèvement d’une opération d’envergure sur ses réserves d’or. Ce processus, engagé pour moderniser ses stocks, s’est traduit par le rapatriement à Paris de 129 tonnes d’or précédemment conservées à New York. Dans un contexte de prix élevés du métal jaune, l’institution a enregistré une plus-value exceptionnelle de 12,8 milliards d’euros. Cette écriture correspond toutefois à la réalisation comptable d’un gain latent accumulé au fil du temps, et non à la création d’une richesse nouvelle. Cette opération contribue néanmoins au retour à un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros pour l’exercice 2025, après une perte notable l’année précédente.
- La Banque de France a rapatrié 129 tonnes d’or à Paris, réalisant une plus-value comptable de 12,8 milliards d’euros.
- Cette opération a permis un retour à un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros pour l’exercice 2025, optimisant la valorisation des actifs sans modifier le stock d’or total.
Banque de France : Une rationalisation logistique et technique des stocks
La stratégie de la Banque de France repose sur une mise en conformité progressive avec les standards internationaux de pureté. Depuis 2005, l’institution remplace ses lingots anciens par des barres répondant aux normes modernes, affichant une pureté supérieure à 99,5 %. Plutôt que d’engager des coûts élevés de raffinage aux États-Unis ou de transport sécurisé, la banque centrale a opté pour une opération d’arbitrage. Elle a ainsi procédé à la vente de ses stocks détenus auprès de la Réserve fédérale américaine, suivie du rachat quasi simultané de lingots standardisés sur le marché européen.
Entre juillet 2025 et janvier 2026, vingt-six opérations ont permis de finaliser ce transfert. Si le volume total des réserves reste inchangé à environ 2 437 tonnes, leur localisation a évolué de manière significative. L’or est désormais stocké à Paris, dans les coffres de « La Souterraine », sous l’hôtel de Toulouse. Le gouverneur François Villeroy de Galhau a précisé que cette décision répondait à des considérations techniques et de liquidité, écartant ainsi toute motivation politique derrière ce rapatriement.

Un impact comptable significatif sans modification du stock d’or
La plus-value enregistrée se répartit entre 11 milliards d’euros pour 2025 et 1,8 milliard pour le début de l’année 2026. Bien que cette manœuvre soit neutre en termes de quantité d’or physique, elle modifie la valorisation comptable et améliore la qualité des actifs au bilan. Par ailleurs, cette dynamique s’inscrit dans un cadre plus large de normalisation des résultats. La baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne a effectivement réduit le coût de rémunération des dépôts des banques commerciales, augmentant le revenu monétaire de l’institution de 10,2 milliards d’euros sur un an.
Malgré l’ampleur de ce mouvement, le chantier de standardisation se poursuit. La Banque de France détient encore environ 134 tonnes d’or sous forme de pièces et de lingots anciens qu’elle prévoit de normaliser d’ici 2028. Avec une situation nette de 283 milliards d’euros, l’institution souligne sa capacité à absorber d’éventuels chocs financiers futurs.
Ces annonces interviennent alors que François Villeroy de Galhau s’apprête à quitter ses fonctions en juin, après onze années à la tête de la banque centrale. Grâce à cette opération, la France consolide sa position de quatrième détenteur mondial d’or. Plus qu’un enrichissement net, il s’agit avant tout d’une optimisation de bilan consistant à transformer une plus-value latente en résultat comptable, tout en sécurisant la liquidité de ses réserves nationales.