2025, une illusion ? Le séisme monétaire sera pour cette année d’après Ray Dalio
« Naturellement, en tant qu’investisseur macroéconomique mondial systématique alors que 2025 s’achève, j’ai analysé les mécanismes de ce qui s’est passé, notamment sur les marchés. C’est le sujet de ma réflexion d’aujourd’hui. »
C’est ainsi que le richissime Ray Dalio amorce un long format analytique publié sur X pour faire le point sur l’année écoulée. Le sage de Bridgewater, Ray Dalio, vient de briser le miroir aux alouettes. Pour lui, l’histoire de 2025 n’est pas celle du triomphe de Wall Street, mais bien celle de l’agonie du dollar. En prenant du recul sur le « Grand Cycle », Dalio nous dessine une année 2026 où la vérité monétaire va enfin rattraper l’euphorie boursière.
- Ray Dalio a révélé l’agonie du dollar en 2025, préfigurant une confrontation monétaire en 2026.
- Il a dénoncé la dévaluation masquée du dollar, mettant en lumière l’illusion des gains en actions face à la montée de l’or et du Bitcoin.
Le miroir déformant : Pourquoi vos gains sont des pertes déguisées
Dans son analyse, Dalio nous donne une véritable leçon de physique financière : tout dépend du référentiel. Il nous rappelle avec une ironie mordante que « considérer les rendements à travers le prisme d’une monnaie faible les fait paraître plus forts qu’ils ne le sont en réalité ».
Concrètement, si vous déteniez des actions américaines en 2025, votre application de trading affichait fièrement une hausse de 18 %. Sur le papier, vous avez sabré le champagne. Mais attention à l’illusion d’optique !
Pour comprendre la réalité de votre richesse, Ray Dalio change de thermomètre et utilise l’or, une monnaie ‘dure’ qu’on ne peut pas imprimer par simple décret politique. Et là, le constat est brutal : comme le prix de l’or a grimpé beaucoup plus vite que celui des actions, votre pouvoir d’achat réel a en fait chuté de 28 %.
« Regarder les rendements de vos investissements à travers le prisme d’une monnaie faible les fait paraître plus performants qu’ils ne le sont en réalité. »
C’est un peu comme si vous receviez une augmentation de salaire de 18 %, mais que dans le même temps, le prix de votre loyer et de vos courses augmentait de 50 %. Vous avez certes plus de billets en main, mais vous achetez moins de choses à la fin du mois. En résumé, le dollar n’est plus une unité de mesure fiable ; c’est un élastique qui s’étire tellement qu’il est sur le point de claquer.
Par ailleurs, ce phénomène de « dévaluation masquée » est le moteur même de la narration du Bitcoin (BTC). Alors que le cours du BTC est au-dessus des 90 000 $ à l’heure d’écrire ces quelques ligne, il s’impose, tout comme l’or, comme le grand bénéficiaire de cette perte de confiance. Face au franc suisse ou à l’or (+39 %), le dollar ressemble de plus en plus à un billet de Monopoly.
Le capitalisme sous perfusion ? Les 3 causes du chaos
Par ailleurs, pour Ray Dalio, l’année 2025 a aussi été le théâtre d’un bouleversement politique majeur reposant sur trois piliers indissociables :
Premièrement, l’administration Trump a lancé un pari à effet de levier massif sur la puissance du capitalisme. En favorisant la dérégulation à outrance et en stimulant la production technologique (notamment l’IA), le gouvernement est passé d’un rôle d’arbitre à celui de chef d’orchestre de l’économie. Dans l’écosystème crypto, cela s’est traduit par un soutien affiché au minage et aux infrastructures, transformant le Bitcoin en un enjeu de souveraineté nationale. C’est le pari du capitalisme dirigé.
Deuxièmement, cette politique s’est accompagnée d’une diplomatie étrangère agressive qui a fini par effrayer les capitaux étrangers. Les menaces de sanctions et l’usage du dollar comme arme de guerre ont poussé les investisseurs internationaux à se détourner de la dette américaine. En conséquence, ces derniers ont massivement réalloué leurs fonds vers l’or et, de plus en plus, vers le Bitcoin, perçu comme le seul actif « neutre » et insaisissable face aux caprices d’un État. C’est le repli sur l’unilatéralisme.
Enfin, et c’est le point le plus critique, ces mesures ont creusé un fossé de richesse sans précédent. Pendant que les 10 % les plus riches (les capitalistes) voyaient leurs portefeuilles boursiers et cryptos s’envoler, les 60 % restants étaient littéralement foudroyés par l’inflation réelle. Pour ces derniers, « l’accessibilité financière » n’est plus un concept économique, c’est une question de survie quotidienne. C’est l’explosion du fossé social.
En résumé, ces trois forces (capitalisme dirigé, peur des investisseurs étrangers et inégalités criantes) sont en train de transformer une crise financière en une crise de régime. Dalio prévient : 2026 sera l’année du réveil politique.
En effet, pendant que les 10 % les plus riches captent la plus-value technologique, les 60 % restants sont foudroyés par l’inflation réelle. Quand la monnaie tombe, les biens réels (immobilier, nourriture, énergie) deviennent inaccessibles. Cette fracture sociale est une poudrière politique qui menace de faire basculer le pays vers un conflit interne entre l’élite capitaliste et des mouvements « socialistes démocrates » de plus en plus vocaux.
« De ce fait, ces 10 % de capitalistes ne perçoivent plus l’inflation comme un problème, tandis que la majorité (les 60 % les plus pauvres) s’en sent accablée. La question de la valeur de l’argent, également connue sous le nom de question de l’accessibilité financière, sera probablement le principal enjeu politique l’année prochaine, contribuant à la perte de la Chambre des représentants par les républicains et à une année 2027 très chaotique, en route vers une élection de 2028 très intéressante où l’affrontement entre la droite et la gauche s’annonce majeur.»
Entre bulle IA et refuge bitcoin : Où se cacher en 2026 ?
Enfin, si Dalio reste historiquement focalisé sur l’or physique, le parallèle avec l’écosystème crypto est désormais inévitable. L’IA est entrée dans une phase de bulle où les valorisations ne tiennent plus compte de la réalité économique, tandis qu’Ethereum (ETH), à 3 191, cherche encore son second souffle entre désir de minimalisme prôné par Vitalik Buterin et pressions de staking institutionnel.
Le constat de Dalio sur la dette est sans appel : 10 000 milliards de dollars de dette US doivent être reconduits en 2026. Qui voudra financer cette dette si le dollar continue de couler ? Les investisseurs étrangers réduisent déjà leur exposition. C’est précisément ici que la notion de « Hard Money » prend tout son sens. Contrairement aux obligations qui sont des « promesses de papier », le Bitcoin est un actif décentralisé qui n’est la dette de personne. Dans un monde unilatéraliste où les sanctions économiques pleuvent, posséder un actif hors-système n’est plus un luxe.
La question n’est donc plus de savoir si le système va changer, mais quelle forme prendra votre prison dorée. Entre l’inflation galopante du dollar et l’arrivée imminente d’un Euro Numérique ultra-centralisé, la fenêtre pour sécuriser des actifs décentralisés n’a jamais été aussi étroite.