Bitcoin : BottlePay met la clé sous la porte à cause d’une nouvelle directive européenne

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Fin de partie Une triste nouvelle est tombée en fin de semaine dernière : le prestataire de paiements BottlePay, permettant d’envoyer des micro-paiements Bitcoin via le Lightning Network sur les réseaux sociaux, annonce fermer ses portes. L’équipe en charge de BottlePay estime notamment que les directives d’une nouvelle réglementation européenne sont contraires à ses idéaux, et qu’il vaut mieux fermer boutique plutôt que de se compromettre.

Quand l’Europe s’y met

L’Europe ne fait pas que des heureux, et ce n’est pas l’équipe de BottlePay qui dira le contraire : la nouvelle directive européenne anti-blanchiment (5AMLD) fait ainsi faire la grimace, et pas qu’un peu.

Cette dernière intègre en effet une mise à jour de taille, concernant directement la cryptosphère et ses prestataires : plus question de laisser chacun s’amuser dans son coin. Si vous vous souvenez des récentes prises de position du Groupe d’Action Financière (GAFI), vous ne serez pas surpris : il est ainsi – en résumé – demandé aux prestataires de paiement crypto de se conformer à des règles encore plus strictes d’identification de leurs utilisateurs (KYC/AML).

Live by the sword, die by the sword

BottlePay a donc été la première société à s’exprimer sur cette nouvelle réglementation : la jugeant trop “restrictive” et “pouvant impacter trop négativement l’expérience” de ses utilisateurs, le prestataire préfère fermer ses portes à compter du 31 décembre plutôt que de devoir respecter cette liste de nouvelles obligations.

Notons que cette décision soulevait alors plusieurs questions relatives au contexte crypto-européen : d’autres acteurs suivraient-ils la voie de BottlePay, ou bien allait-il s’agir d’un cas isolé ?

Ce matin, deux autres crypto-entreprises basées en Europe apportaient un début de réponse, en suivant la même voie que BottlePay : la coopérative de minage Simplecoin et la plateforme Chopcoin ont annoncé au média The Block mettre également la clé sous la porte, préventivement.

Pas encore entré en vigueur, mais déjà un succès : voilà une directive européenne aux effets manifestement concrets, mais qui pourra questionner. Réaction excessive de certains entrepreneurs trop idéalistes ou corpus législatif foncièrement limitatif ? On n’a sans doute pas fini d’en entendre parler, quoi qu’il en soit.

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Grégory Guittard
Rédacteur en chef du JDC, Bitcoin Maximaliste, Blockchain-sceptique. Je fais une allergie à la sacro-sainte Blockchain censée nous sauver tous, façon délire christique. La perspective d'un moyen de paiement pair-à-pair, décentralisé et non censurable (Bitcoin) est ce qui me semble réellement révolutionnaire dans la cryptosphère. Si j'ai écrit une énormité, n'hésitez pas à m'envoyer vos remarques et autres vociférations directement à [email protected]

9 Commentaires

  1. D’un autre côté être trop laxiste sur les cryptos en ne regardant pas ce qui en est fait porte préjudice à la réputation des cryptos.
    Je préfère un truc controlé qui a bonne réputation et qui par conséquence attire des investisseurs et démocratise cette nouvelle tendance plutôt qu’un truc , un gadget qui est utilisé pour acheter de la drogue , des actes criminels .
    Si un criminel veut faire un truc , il y a la monnaie réelle avec le cash , pas besoin qu’ils viennent polluer le marché crypto avec ses bêtises .

    • Les “criminels” comme vous les appelez forment la base de l’usage réel des cryptomonnaies. Ce sont eux qui continueront d’utiliser les cryptos, même si elles sont interdites par les gouvernements.

      Silk Road, le marché noir (c’est-à-dire le marché libre) du dark web, a joué un rôle non négligeable dans le développement économique de Bitcoin et de la cryptosphère. Et il en est de même de toutes les utilisations qu’on pourrait considérer comme litigieuses (financement de Wikileaks et de Tor, envoi de fonds à l’étranger, etc.)

      Une monnaie est faite pour permettre tous les usages qu’ils soient condamnables ou non. Si vous donnez à l’État un droit de censure sur cette monnaie (sur qui a le droit d’effectuer une transaction ou non), on va droit vers le totalitarisme.

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