Impôts Crypto : Guide fiscal 2026 des cryptomonnaies en France
Vous avez tradé et utilisé des cryptos en 2025 et la simple idée de devoir faire votre déclaration d’impôts vous donne des sueurs froides ? Entre le seuil d’exonération, la flat tax et les formulaires aux noms mystérieux (3916-bis, 2086…), il est facile d’être victime de phobie fiscale comme un certain ministre, voire de commettre des erreurs qui peuvent être coûteuses.
Dans cet article, Le Journal du Coin vous propose avec son œil expert une aide pour vous repérer dans les méandres de la fiscalité crypto française. Vous y trouverez un rappel clair des règles en vigueur pour les cryptos : quels transferts sont vraiment taxés (crypto → euros) et lesquels ne le sont pas (crypto → crypto), comment fonctionnent les taux, et quelles sont les obligations incontournables comme la déclaration de vos comptes sur des exchanges à l’étranger. Nous allons essayer de vous guider sur la manière de remplir les formulaires et vous proposons également des simulateurs, pour vous aider à déterminer avec précision : devrez-vous payer des impôts sur vos crypto cette année, et si oui, combien ?
💡 Fiscalité Crypto 2026 : L’essentiel en bref
Temps de lecture estimé : 26 minutes
Table des matières
- Suis-je imposable sur mes crypto cette année ? Comprendre son statut et ses obligations
- Impôt crypto : Combien vais-je payer et comment calculer ? Anticiper et comprendre la méthode
- Tutoriel : Comment remplir sa déclaration d’impôt ?
- Cas particuliers ou complexes de la fiscalité crypto : Minage, Staking, DeFi, NFT…
- Optimisation fiscale et risques : conseils d’expert, ce qu’il faut savoir
- Les questions fréquentes autour de l’impôt crypto
Suis-je imposable sur mes crypto cette année ? Comprendre son statut et ses obligations
(Les échanges Bitcoin ↔ Stablecoins comme USDT ne comptent pas)
✅ Vous n’êtes pas imposable
Si vous n’avez fait que du « HODL » ou des échanges Crypto ↔ Crypto, il n’y a pas de fait générateur d’impôt.
Rappel : Déclarez quand même vos comptes à l’étranger (Formulaire 3916-bis).
📝 À déclarer, mais 0€ à payer
Vos ventes sont inférieures à 305€ = Exonération totale.
Remplissez le formulaire 2086 pour prouver que vous êtes sous le seuil, mais vous ne paierez rien.
💰 Vous êtes imposable (Flat Tax)
Vous serez taxé sur la plus-value réalisée à hauteur de 30% (ou barème progressif sur option).
💼 Régime Professionnel (BNC/BIC)
Votre activité semble dépasser la gestion de patrimoine privée. Vos gains seront probablement taxés comme des revenus professionnels.
Impot crypto : les règles fiscales en bref
En France, vous devez payer des impôts sur vos gains en cryptomonnaies lorsque vous les vendez contre des euros (ou une autre devise) ou que vous les utilisez pour acheter un bien ou un service. En revanche, les échanges entre cryptos (même contre des stablecoins) ne sont pas taxés. Pour savoir combien vous devez payer cette année, vous devez répondre à plusieurs questions. Vos cessions annuelles dépassent-elles 305 € ? Et êtes-vous un investisseur occasionnel (éligible à la Flat Tax à 30%) ou un professionnel (soumis à un régime bien plus lourd) ? On vous explique tout en détail.
Distinction fondamentale : investisseur crypto occasionnel vs professionnel
Pour commencer, vous devez déterminer à quelle catégorie vous appartenez, car le régime fiscal sur vos crypto en dépend entièrement. La frontière entre particulier et professionnel n’est pas clairement définie. Heureusement pour les contribuables, seule une minorité d’investisseurs entre dans la seconde catégorie.
Pour vous situer, évaluez honnêtement votre activité selon ces critères :
- Le montant de vos plus value et de trades est-il significatif par rapport à vos autres revenus ?
- La fréquence de vos transactions est-elle élevée, avec des positions de très courte durée ?
- Utilisez-vous des outils ou stratégies professionnels (robots de trading, hedging…) ?
Le risque de requalification, bien que rare, existe si votre activité présente un caractère professionnel marqué par le volume, la fréquence et les moyens employés. Si vous obtenez de nombreuses réponses affirmatives mais que vous avez un doute, tournez-vous vers un avocat fiscaliste ou vers un cabinet comptable spécialisé dans le domaine.
Dans tous les cas, ne négligez pas ce point car la distinction est cruciale et servira à déterminer votre régime fiscal. Dans les paragraphes qui suivent, nous reviendrons sur les choix qui s’offrent à vous suivant votre situation.

Les opérations crypto qui déclenchent l’impôt (fait générateur)
Toutes les transactions crypto ne créent pas une obligation fiscale. Il est essentiel de bien identifier le fait générateur de l’impôt.
- ✅ Sont imposables : la conversion de vos cryptomonnaies en monnaie fiduciaire (euros, dollars…) ainsi que l’utilisation directe de crypto pour l’achat d’un bien ou d’un service (comme payer un café avec des BTC).
- ❌ Ne sont pas imposables : les simples échanges d’une cryptomonnaie contre une autre (crypto vers crypto), y compris contre un stablecoin (USDT, USDC, EURC…). De même, la simple détention (HODL) sans aucune cession ne génère aucune taxation.
Attention : même sans faits générateurs d’impôts, vous devez tout de même déclarer vos comptes à l’étranger (voir plus loin).
Le seuil de cession de 305€
Une règle simple à retenir : vous n’êtes imposable que si le total annuel de tous faits générateurs d’impôt (cessions en euros, dollars ou contre biens/services) dépasse 305 € pour votre foyer fiscal (l’État français est très généreux sur ce point…).
Si ce montant n’est pas atteint, vous devez tout de même déclarer ces opérations, mais vous ne paierez aucun impôt sur la plus-value.
Attention : ce seuil concerne le montant total des cessions, et non la plus-value réalisée. Dès que vous le franchissez, l’intégralité de votre historique transactionnel depuis votre premier achat doit être retracée pour calculer précisément vos gains. Ce qui peut vite devenir un casse-tête en cas de nombreux échanges, comme vous le verrez dans le paragraphe suivant.
Impôt crypto : Combien vais-je payer et comment calculer ? Anticiper et comprendre la méthode
🧮 Simulateur de Plus-Value (Méthode PMP)
À utiliser pour chaque vente contre des Euros.
Le régime fiscal : flat tax ou barème progressif ?
En fonction du statut que vous avez déterminé précédemment, vous pouvez être soumis à différents régimes fiscaux. Voici ce qui est possible :
- Particulier : vous pouvez librement choisir entre 2 options. Faites vos calculs pour choisir la plus avantageuse pour vous :
- Le standard : la Flat Tax, ou PFU, à 30% : c’est l’option par défaut. Vous payez un prélèvement forfaitaire unique de 30% sur le montant de votre plus-value crypto nette (12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux).
- Vous pouvez choisir d’intégrer vos gains en crypto à vos autres revenus, soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu (taux marginal d’imposition de 0% à 45%). Cette option est intéressante uniquement si votre TMI (Taux Marginal d’Imposition) est inférieur à 30%, ou si vous n’êtes pas imposable (dans ce cas, vous ne paierez « que » les 17,2 % de prélèvements sociaux).
En cas de besoin, vous trouverez tous les détails dans l’article 150 VH bis du Code général des impôts.
- Le standard : la Flat Tax, ou PFU, à 30% : c’est l’option par défaut. Vous payez un prélèvement forfaitaire unique de 30% sur le montant de votre plus-value crypto nette (12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux).
- Professionnel Crypto : vous entrez dans la même catégorie que les traders d’actifs traditionnels. Vos gains sont soumis au barème progressif de l’impôt des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) et aux prélèvements sociaux (avec certains abattements pour les micro-BNC). Nous ne présenterons pas le détail des calculs ici.

Fiscalité Crypto : la méthode de calcul du Prix Moyen Pondéré (PMP)
Les têtes pensantes (?) de l’administration fiscale ont opté pour une formule simple en apparence, mais très compliquée à appliquer pour ceux qui ont effectué de nombreuses transactions.
Vous n’êtes pas taxé sur la totalité du montant que vous retirez (ou utilisez pour acheter des biens ou services), mais uniquement sur la part de gain proportionnelle contenue dans ce retrait. La méthode officielle pour isoler ce gain est celle du Prix Moyen Pondéré (PMP). Concrètement, à chaque nouvelle acquisition, vous recalculez le coût moyen d’achat de l’ensemble de vos actifs. Lors d’une vente, c’est ce coût moyen qui est soustrait du prix de vente pour déterminer la plus-value.
La formule pour calculer est la suivante :
Plus-value brute = Prix de Cession – [ Prix Total d’Acquisition du Portefeuille × (Prix de Cession / Valeur Globale du Portefeuille) ]
ou en plus clair :
Gain = retrait – (part de votre investissement initial contenu dans ce retrait)
Exemple chiffré
Rien de tel qu’un exemple concret pour bien comprendre. Imaginons un investisseur qui aurait effectué 3 transactions au total :
- Achat de 0.5 BTC pour 20 000 € (coût : 10 000 €) ;
- Achat de 0.5 BTC pour 30 000 € (coût : 15 000 €). Il détient alors 1 BTC pour un coût total d’acquisition de 25 000 € ;
- Vente de 0.2 BTC quand 1 BTC vaut 40 000 €.
Application de la formule :
- Prix de Cession = 0.2 BTC × 40 000€ = 8 000 €
- Prix Total d’Acquisition du Portefeuille = 10 000€ + 15 000€ = 25 000 €
- Valeur Globale du Portefeuille = 1 BTC × 40 000€ = 40 000€
Calcul de la plus-value :
Plus-value = 8 000 € – [25 000 € × (8 000 € ÷ 40 000 €)] = 3 000 €
ou
Gain = 8 000 € – 0.2 * 25 000 € = 3 000 €
Vous avez compris ? Bravo ! Malheureusement il reste encore plusieurs éléments à calculer pour pouvoir remplir correctement votre déclaration (voir plus bas).
Gestion des moins-values en crypto (pertes)

Que faire si vous avez réalisé des pertes ? Vous devez toujours déclarer toutes vos transcations.
Les moins-values de l’année s’imputent sur les plus-values de la même année. Elles permettent de réduire le montant de vos gains imposables.
Attention : pour les particuliers, il n’y a pas de report des pertes nettes cryptp sur les années suivantes. Si vos pertes dépassent vos gains sur l’année, le solde est perdu. Il peut donc être stratégique, avant le 31 décembre, de réaliser volontairement des pertes pour compenser les gains de l’année en cours.
Exemples chiffrés
- En 2025, vous avez une plus-value de 4 000 € sur une vente d’ETH, et une moins-value de 1 500 € sur une vente de BTC. Votre plus value imposable est alors de :
Plus-value nette imposable = 4 000 € – 1 500 € = 2 500 €
- En 2025, vous avez une plus-value de 1 000 € sur une vente d’ETH, et une moins-value de 3 000 €€ sur une vente de BTC. Votre plus value imposable est alors de :
Plus-value nette imposable = 1 000 € – 3 000 € = – 2 000 €
=> Vous ne payez pas d’impôt, et vous ne pourrez pas utiliser ces 2 000€ de pertes en 2026.
Outils : faut-il un assistant fiscal crypto ?
Heureusement il existe des assistants fiscaux crypto spécialisés. Certaines solutions comme Cointraking sont adaptées pour de nombreux pays, tandis que d’autres comme Waltio ou ComptaCrypto sont spécialement conçues pour les Français.
Vous pouvez connecter vos comptes de plateforme d’échange centralisée et vos wallets non-custodiaux pour importer automatiquement l’historique complet de vos transactions. En les paramétrant correctement, elles peuvent générer les formulaires préremplis. Ces solutions font gagner un temps considérable et minimisent le risque d’erreur, mais sont loin d’être gratuites. Vous devrez donc ajouter leur coût à celui de vos impôts si vous voulez (ou devez) les utiliser.
Tutoriel : Comment remplir sa déclaration d’impôt ?
📑 Aide à la déclaration
La déclaration de vos cryptomonnaies aux impôts se décompose en trois formulaires clés. Vous devez déclarer le montant global de votre plus ou moins-value nette sur votre déclaration principale (case 3AN ou 3BN du formulaire 2042-C).
Mais surtout, vous devez remplir et joindre l’annexe 2086, où vous détaillez chaque cession imposable de l’année (vente en euros ou achat d’un bien), une par une, avec le calcul expliqué ci-dessus.
Voici comment procéder, en utilisant l’exemple concret d’un portefeuille avec 4 achats et 2 ventes de Bitcoin.
Étape 1 : le formulaire 3916-bis (déclaration des comptes à l’étranger)
C’est votre première obligation, indépendante du fait que vous ayez réalisé des gains crypto ou non. Vous devez déclarer chaque compte sur une plateforme non domiciliée en France (Bybit EU, Kraken, etc.), même si ce compte est vide, inactif ou a été clôturé dans l’année.
Dans votre espace impots.gouv.fr, accédez aux « Déclarations ANNEXES » et sélectionnez le formulaire 3916 – 3916-bis.

Dans la partie 2 du menu qui s’ouvre alors, choisissez « Compte d’actifs numériques ».

Pour chaque compte, vous devrez renseigner dans la partie 4 l’identifiant du compte (ou votre email / n° de téléphone d’inscription) et les coordonnées de la plateforme.

Précisez dans la partie 5 si l’usage est personnel, professionnel ou mixte.

Recommencez la démarche pour chacun de vos comptes à l’étranger.
Attention : l’oubli de cette déclaration est sanctionné par une amende de 750€ par compte (1 500€ si le solde dépasse 50 000€).
Étape 2 : le formulaire 2086 (calcul détaillé des plus-values crypto)
C’est le cœur technique de votre déclaration. Sur cette annexe, vous devez détailler chaque cession imposable (vente en euros ou achat d’un bien en crypto) de l’année et y appliquer la méthode du Prix Moyen Pondéré (PMP). En ligne, elle est accessible via « Sélection des rubriques de la déclaration de revenus et annexes » à gauche de votre écran puis « Déclarations ANNEXES ».

Cochez ensuite le bon formulaire

Commencez par indiquer le nombre total de cessions imposables que vous avez réalisés. C’est ensuite que les choses se compliquent. Pour vous permettre de bien comprendre comment remplir le formulaire, nous allons l’illustrer avec un exemple concret.
Voici le cas d’un investisseur qui aurait réalisé 4 achats de bitcoins et 2 ventes en 2025 (valeurs fictives) :
| Date de l’opération | Opération crypto | Valeur unitaire du BTC |
|---|---|---|
| 05/02/2025 | Achat de 0.3 BTC | 40 000 euros |
| 03/05/2025 | Achat de 0.1 BTC | 45 000 euros |
| 02/06/2025 | Vente de 0.1 BTC | 50 000 euros |
| 07/07/2025 | Achat de 0.4 BTC | 30 000 euros |
| 12/08/2025 | Achat de 0.1 BTC | 25 000 euros |
| 15/09/2025 | Vente de 0.5 BTC | 70 000 euros |
Il a 2 cessions à déclarer dans le formulaire 2086. Voici ce à quoi il ressemble une fois complété.

Détails des calculs
Voici comment remplir chaque case (calculs en bleu pour la première cession et en vert pour le deuxième).
- 212 valeur globale du portefeuille au moment de la cession : il faut multiplier le nombre total de BTC en votre possession par leur prix unitaire au moment de la vente.

- 213 prix de cession : il faut multiplier le nombre de BTC vendus par leur prix de vente.

- 214 frais de cession : frais prélevés lors de l’échange (ici 0,1 % du montant).

- 215, 217, 218, 223 et 224 : il suffit d’appliquer les formules de calcul inscrites sur le CERFA.
- 216 et 222 : la soulte est une somme qui compense une inégalité dans un partage ou un échange. Elle devrait être nulle dans la plupart des cas.
- 220 prix total d’acquisition : il faut multiplier le nombre BTC achetés par le prix unitaire au moment de l’achat.

- 221 fractions de capital initial contenues dans le prix total d’acquisition : ce sont les fractions de capital contenues dans la valeur des cessions d’actifs numériques précédentes. Elles réduisent le prix total d’acquisition. Elles se calculent avec la formule : ligne 223 * 215 / 212 de toutes les cessions précédentes.

Le montant trouvé en ligne 224 (20 925 euros) est à reporter dans la case 3AN du CERFA 2042c.
Limite pratique importante
L’interface en ligne 2025 n’acceptait que 200 cessions. Au-delà, il semblerait que l’administration fiscale recommande de regrouper les cessions imposables de la même date pour réduire leur nombre.
Par exemple, si vous avez 210 cessions imposables et que 5 d’entre elles ont été effectuées le 12/06/2025, vous pouvez regrouper les cessions du 12/06/2025 en les additionnant.
Le plus important est que le montant de plus-value imposable soit correct et que le détail soit transmis à l’administration fiscale.
Étape 3 : le formulaire 2042 C (report final)
C’est la synthèse de votre déclaration de revenus. Lorsque vous remplissez l’annexe 2086 en ligne, le montant des cases 3AN ou 3BN du formulaire principal 2042-C est généralement pré-rempli automatiquement. Il vous suffit de vérifier sa cohérence.
Pour une déclaration papier, le montant final (plus ou moins-value globale) calculé sur le formulaire 2086 se reporte sur la deuxième page du formulaire 2042-C.
- Si vous avez un gain net (comme dans notre exemple), reportez-le dans la case 3AN (« Cession d’actifs numériques »).
- Si vous avez une perte nette (moins-values > plus-values), reportez-la dans la case 3BN.

Cas particuliers ou complexes de la fiscalité crypto : Minage, Staking, DeFi, NFT…
Ces activités génèrent des revenus qui ne relèvent pas du simple régime des plus-values de cession (Flat Tax). Leur fiscalité est plus complexe, souvent moins claire, et impose une vigilance particulière.
Fiscalité du minage (mining)
Pour les particuliers mineurs, cette activité est imposable dans la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Cependant, une importante incertitude persiste sur l’année de l’imposition, avec deux interprétations opposées :
- Position 1 – imposition à la cession : seul le prix de vente des cryptos minées est imposable en BNC, l’année de leur revente. Aucune imposition n’a lieu l’année de leur réception. Cette position s’appuie sur une lecture de la doctrine fiscale et d’un arrêt du Conseil d’État ;
- Position 2 – imposition à la réception (préférée par le fisc) : la valeur des cryptos au jour de leur réception est imposable immédiatement en BNC. Puis, lors de leur revente ultérieure, la plus-value éventuelle est soumise à la Flat Tax de 30%. C’est la position vers laquelle se dirige l’administration fiscale.
Exemple concret des deux régimes :
Vous avez miné 1 BTC valant 90 000 € en 2024. Vous le revendez 100 000 € en 2025.
- Selon la position 1 : en 2024, rien à déclarer. En 2025, vous déclarez 100 000 € en BNC (barème progressif) ;
- Selon la position 2 : en 2024, vous déclarez 90 000 € en BNC. En 2025, vous déclarez une plus-value de 10 000 € (100 000 € – 90 000 €) soumise à la Flat Tax à 30%.
En l’absence de cadre absolument clair, il est fortement recommandé de se conformer à la position de l’administration (position 2) pour éviter tout risque de redressement, en déclarant la valeur des actifs à la date de réception. Pour une société (soumise à l’IS), les règles sont claires : les jetons minés sont imposables à leur valeur lors de leur entrée au bilan, c’est-à-dire à la réception.

Revenus crypto passifs : staking, lending et yield farming (DeFi)
C’est la zone grise la plus importante, sans réponse administrative officielle unique. Le régime dépend de l’interprétation de la nature de votre activité (passive ou active) et des produits utilisés.
- Staking actif (vous validez vous-même le réseau) : souvent assimilé à du minage, donc potentiellement imposable en BNC à la réception des récompenses ;
- Staking Passif / Lending / Yield Farming (vous prêtez vos actifs via une plateforme) : deux interprétations principales s’affrontent :
- Revenus de Capitaux Mobiliers (RCM) : s’ils sont considérés comme des « intérêts », ils seraient soumis à la Flat Tax de 30% au moment de leur réception.
- Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) : s’ils sont considérés comme la rémunération d’un prêt de biens (vos cryptos), ils seraient imposables au barème progressif.
- Revenus de Capitaux Mobiliers (RCM) : s’ils sont considérés comme des « intérêts », ils seraient soumis à la Flat Tax de 30% au moment de leur réception.
Précision : ces revenus sont distincts des plus-values de cession. Même si vous payez des impôts sur les récompenses reçues, vous serez de nouveau imposé sur la plus-value réalisée si vous revendez ces actifs plus cher plus tard.
Airdrops et NFTs

- NFTs : ils sont intégrés au régime des actifs numériques (article 150 VH bis du CGI). Leur cession (pour des euros, une autre crypto ou un bien) est donc soumise aux mêmes règles : seuil de 305€, Flat Tax à 30% sur la plus-value calculée via la méthode PMP. Leur création (art numérique) peut, quant à elle, relever des BNC si elle constitue une activité professionnelle.
- Airdrops : Leur traitement dépend de leur nature.
- Gratuits et sans contrepartie : non imposables à la réception. Ils seront taxés uniquement à la revente, avec un prix d’acquisition réputé nul (la totalité du prix de vente est alors une plus-value).
- Contrepartie d’un service (promotion, tâche effectuée) : ils peuvent être considérés comme des revenus en BNC, imposables à leur valeur à la réception.
- Gratuits et sans contrepartie : non imposables à la réception. Ils seront taxés uniquement à la revente, avec un prix d’acquisition réputé nul (la totalité du prix de vente est alors une plus-value).
Optimisation fiscale et risques : conseils d’expert, ce qu’il faut savoir
Avant de penser à optimiser, il est crucial de comprendre les risques encourus en cas de négligence ou d’omission. La réglementation se durcit et les outils de contrôle se sophistiquent.
Les risques : contrôle fiscal et amendes
L’administration dispose désormais de moyens considérables pour traquer les manquements. Depuis 2026, la directive européenne DAC8 oblige toutes les plateformes d’échange réglementées dans l’UE à transmettre automatiquement à l’administration fiscale française les données de leurs utilisateurs résidents (identité, solde, transactions). Il est désormais illusoire de penser que vos activités puissent passer inaperçues. Voici ce à quoi vous vous exposez en cas d’erreur ou d’oubli :
- Oubli de la déclaration de compte (3916-bis) : une amende forfaitaire de 750€ par compte non déclaré, portée à 1 500€ si le solde sur ce compte a dépassé 50 000€ à un moment de l’année ;
- Omission ou insuffisance de déclaration de gains : vous risquez une majoration de l’impôt éludé, pouvant aller de 10% (en cas de bonne foi) à 40% (manquement délibéré) voire 80% en cas de manœuvres frauduleuses ;
- Fraude fiscale aggravée : dans les cas les plus graves (dissimulation organisée, usage de faux), les peines peuvent atteindre 7 ans de prison et une amende de 3 millions d’euros ;
Une lueur d’espoir : Vous avez droit à l’erreur de bonne foi. Si vous vous rendez compte d’une omission avant un contrôle, une déclaration rectificative vous évitera majorations et amendes. Seul l’impôt manquant sera à régler.

3 stratégies légales pour optimiser sa fiscalité crypto
Quelques stratégies légales permettent de gérer plus efficacement votre imposition :
- Utiliser les Stablecoins pour différer l’impôt : lorsque vous souhaitez sécuriser des gains mais n’avez pas besoin de cash en euros, convertissez vos cryptos en stablecoins. Cette opération étant un échange « crypto → crypto », elle ne déclenche pas d’imposition. L’impôt ne sera dû que lors de la conversion ultérieure du stablecoin en euros. C’est une différation légale, pas une exonération.
- Purger les moins-values avant le 31 décembre : si vous avez réalisé des plus-values dans l’année, vous pouvez compenser en vendant avant le 31 décembre des actifs qui sont en moins-value. Ces pertes viendront en déduction de vos gains, réduisant ainsi l’assiette imposable. Vous pouvez racheter immédiatement les mêmes actifs après la vente. Souvenez vous cependant que les moins-values de l’année ne sont pas reportables pour l’année suivante ;
- La donation pour purger la plus-value : donner vos cryptos à un membre de votre famille (conjoint, enfant…) est un acte fiscalement neutre. La plus-value latente est « purgée » au moment du don. Le donataire (celui qui reçoit) hérite des cryptos avec pour nouvelle valeur d’acquisition leur valeur au jour du don. S’il les revend plus tard, c’est sur la plus-value éventuelle réalisée depuis cette nouvelle base qu’il sera taxé.
Les donations en cryptos sont soumises au régime fiscal classique de la donation. Le bénéficiaire doit s’acquitter de droits de donation au moment de sa réception. Ils sont calculés selon le montant donné, diminué des abattements déductibles suivant le lien de parenté entre les deux parties impliquées. Ils sont aussi renouvelables tous les 15 ans.
Attention : faire une donation fictive dans le seul but de purger la plus–value est un abus de droit. Donner en apparence des cryptoactifs à un proche, par exemple un enfant mineur, pour les utiliser ensuite afin de régler des dépenses personnelles du donateur est ainsi abusif.
Les questions fréquentes autour de l’impôt crypto
– Sur les plateformes d’échange (CEX) : connectez-vous à chacun de vos comptes et exportez vos historiques de transactions au format CSV ou Excel, pour chaque année. Faites-le avant de fermer un compte.
– Pour les portefeuilles non custodiaux : utilisez un explorateur de blockchain (type DeBank) en recherchant votre adresse publique. Les assistants fiscaux spécialisés peuvent automatiser cette collecte.
Le plus simple est d’utiliser des assistants fiscaux qui peuvent se connecter via API à vos comptes d’échange ou explore les blockchain pour vous.
Vous déclarez les revenus et plus-values de l’année civile 2025 lors de la campagne de déclaration de printemps 2026.
– Déclaration en ligne : les dates dépendent de votre département de résidence (de mi-mai à début juin 2025).
– Déclaration papier : la date limite est généralement fixée à mi-mai 2025.
Non, cette opération n’est pas imposable immédiatement. L’échange d’une cryptomonnaie contre une autre (même un stablecoin) est considéré comme un échange « crypto → crypto » et bénéficie d’un sursis d’imposition. L’impôt est différé, pas supprimé. Vous serez imposé sur la plus-value réalisée lorsque vous convertirez ensuite cet USDT en euros (ou les utiliserez pour un achat).
Oui, dans la plupart des cas, vous avez des obligations déclaratives même en cas de perte.
– Déclaration des comptes à l’étranger (3916-bis) : cette obligation est indépendante des gains ou pertes. Si vous avez détenu un compte sur une plateforme étrangère en 2024 (même vide ou clos), vous devez le déclarer.
– Déclaration des plus-values : si vous avez vendu (ou utilisé) des cryptos en 2024 et que le montant total de ces cessions dépasse 305€, vous devez remplir l’annexe 2086. Vous y déclarerez alors une moins-value globale (case 3BN du formulaire 2042-C).
Si vos cessions sont inférieures à 305€, vous êtes exonéré d’impôt mais, techniquement, l’annexe pourrait être requise pour justifier ce montant (la pratique est floue).