Jump Trading frôle 150 milliards $ de volume sur Hyperliquid, le teneur de marché qui ne dort jamais
Jump Trading a fait tourner près de 150 milliards de dollars de volume cumulé sur Hyperliquid depuis son premier dépôt sur la plateforme, le 12 décembre 2025. Un chiffre colossal pour une seule firme de trading. Les géants du market making traditionnel ont bel et bien pris pied dans les dérivés on-chain, ces contrats à effet de levier négociés directement sur blockchain sans passer par un exchange centralisé.
- En neuf mois, le volume de Jump Trading sur Hyperliquid a atteint près de 150 milliards de dollars.
- La firme a contribué à 7,8 % du volume total des contrats perpétuels sur Hyperliquid, tout en utilisant un capital relativement modeste de 63,6 millions de dollars.
Un acteur qui pèse près d’un dixième de tout Hyperliquid
Le chiffre vient de Hanson Birringer, cofondateur de la plateforme d’analyse Hyperdash, relayé par Wu Blockchain le 9 septembre. Jump Trading fait transiter ses positions via un compte principal et seize sous-comptes. Résultat : 7,8 % de tout le volume de contrats perpétuels échangé sur Hyperliquid depuis décembre est passé, d’une façon ou d’une autre, par les mains de la firme de Chicago. Sur certains marchés plus spécifiques, sa part grimpe encore davantage.
Neuf mois d’activité continue, seize sous-comptes qui tournent en parallèle. Ça ne s’arrête jamais vraiment.

Des positions modestes, une empreinte énorme
Voilà le paradoxe qui saute aux yeux quand on regarde les chiffres de plus près, selon les données reprises par Bloomingbit. Les actifs détenus par Jump Trading sur ses comptes Hyperliquid plafonnent à 63,6 millions de dollars, pour une valeur notionnelle de positions d’environ 145 millions. Autrement dit, la firme fait tourner un capital modeste. Mais à une vitesse phénoménale. C’est tout l’art du market making : gagner sur le spread (l’écart entre prix d’achat et de vente) répété des milliers de fois par jour, pas sur une poignée de grosses paris directionnels.
Jump aurait déjà versé environ 7 millions de dollars de frais de trading à Hyperliquid. Et ce n’est pas la seule contribution au protocole : les 65 millions de dollars d’USDC déposés en garantie génèrent, selon le taux AQAV2 (le mécanisme de rémunération des garanties sur Hyperliquid), environ 1,8 million de dollars de revenus d’intérêts annuels pour le protocole lui-même.
Une dépendance qui interroge, un modèle qui tient
Reste une question que la DeFi (finance décentralisée) traîne depuis ses débuts : une plateforme qui doit une part significative de son volume à un seul acteur institutionnel est-elle vraiment aussi décentralisée qu’elle le prétend ? Jump Trading n’est pas un cas isolé. C’est le même genre de firme qui fait tourner les carnets d’ordres de Wall Street depuis des décennies, aujourd’hui recyclée sur les rails on-chain.
Mais l’argument inverse tient tout autant. Sans teneurs de marché sophistiqués, les spreads s’élargissent, les liquidations deviennent plus brutales et les petits traders paient la facture. Hyperliquid est l’une des plateformes les plus rentables de toute la DeFi précisément parce qu’elle a su attirer ce genre d’acteurs plutôt que de les repousser au nom d’une pureté décentralisée qui, dans les faits, viderait le carnet d’ordres.