Telegram : Pourquoi tous les liens t.me ne fonctionnent plus
Depuis le 13 juillet, tous les liens courts de Telegram, fondé et dirigé par Pavel Durov, sont hors service dans le monde entier. Pas l’application, non : elle tourne toujours normalement sur mobile et desktop. Le problème se situe une couche plus bas, au niveau du domaine t.me lui-même, qui a tout bonnement disparu du système de résolution DNS mondial. Concrètement, taper t.me/nomducanal dans un navigateur ne mène plus nulle part. Un cas d’école qui touche des centaines de millions d’utilisateurs et qui, fait plus troublant encore, n’a reçu aucune explication officielle à l’heure où ces lignes sont écrites.
- Depuis le 13 juillet, les liens courts de Telegram sont devenus inaccessibles à cause de la disparition du domaine t.me du système DNS mondial.
- Le statut serverHold a été appliqué par le registre de l’extension .me, bloquant ainsi la résolution du domaine sans explication officielle.
ServerHold : la sanction tourmente Telegram
Le statut en cause s’appelle serverHold. Il s’agit d’une suspension imposée au niveau du registre lui-même : l’organisme qui gère l’extension .me, propriété du Monténégro. Pas par le simple registrar (l’entreprise chez qui le nom de domaine a été acheté, ici GoDaddy). Nuance qui change tout.
Autrement dit, peu importe que la configuration technique de Telegram soit irréprochable. Le registre a retiré la délégation du domaine, l’excluant purement et simplement du DNS mondial. Aucun navigateur, où qu’il se trouve, ne peut plus faire le lien entre l’adresse t.me et les serveurs de Telegram.
Comme le rapporte Domain Name Wire dans son article du 13 juillet, les enregistrements WHOIS confirment huit statuts appliqués au domaine, dont serverHold, clientDeleteProhibited et serverDeleteProhibited, avec une mise à jour horodatée à 19h24 UTC le 13 juillet.
Le domaine reste pourtant enregistré chez GoDaddy, créé en 2010, avec une expiration prévue seulement pour 2035. Un défaut de paiement ou un simple oubli de renouvellement ? On peut déjà écarter l’hypothèse. Les serveurs de noms, eux, continuent de pointer vers l’infrastructure cloud de Google : la délégation DNS d’origine est donc intacte. C’est bien le registre qui a décidé, à un niveau supérieur, de bloquer la résolution.
Pavel Durov monte au créneau sur X
Face à l’absence totale de communication, Pavel Durov a fait ce que ferait n’importe quel utilisateur frustré : il a posté sur X. Le fondateur de Telegram a interpellé directement le compte du registre .me, écrivant : « (…) les liens t.me ont cessé de fonctionner. Vous pouvez jeter un œil ? ».
Ni le registre .me ni Identity Digital, la société américaine qui opère l’infrastructure technique de cette extension monténégrine, n’ont donné le moindre élément d’explication. Glitchwire rapporte que le ton du message de Durov laisse penser que Telegram n’a reçu aucun préavis.
Cette suspension survient alors que Durov reste engagé dans une procédure judiciaire en France, après avoir été mis en examen sur douze chefs d’accusation incluant la fourniture de prestations de cryptologie. Aucun lien direct n’a toutefois été établi entre les deux affaires, et il serait hasardeux d’en tirer une conclusion hâtive sur la seule base du timing.
Les pistes les plus évoquées pour expliquer un serverHold restent classiques : litige juridique, non-conformité réglementaire, action de pure procédure du registre, voire incident technique côté Identity Digital. Sauf que dans le cas d’un domaine aussi central que t.me, chaque heure de silence alimente un peu plus la spéculation.