Hyperliquid (HYPE) prêt à concurrencer les bourses traditionnelles ? FalconX fait le point
Hyperliquid, candidat sérieux à la table de Wall Street. La plateforme de trading décentralisée déborde désormais du cadre des perpetuals crypto pour marcher sur les plates-bandes des bourses traditionnelles et des opérateurs de marchés de prédiction. C’est en tout cas la lecture que propose FalconX dans une note récente, qui pointe l’arrivée de nouveaux profils d’investisseurs sur le protocole.
- Hyperliquid a élargi son champ d’action au-delà des crypto-monnaies pour concurrencer les bourses traditionnelles avec des marchés pré-IPO et des contrats de prédiction.
- Des partenariats stratégiques, notamment avec Coinbase et Circle, et des évolutions réglementaires potentielles, placent Hyperliquid dans une position privilégiée pour capter des flux institutionnels.
Hyperliquid pousse ses pions sur le pré-IPO et la prédiction
Connu jusqu’ici pour ses contrats perpetuels sur cryptomonnaies, Hyperliquid s’aventure sur d’autres terrains. FalconX observe une demande croissante pour deux briques produits : les marchés pré-IPO, qui permettent de spéculer sur la valorisation d’entreprises non cotées, et les contrats de prédiction, à mi-chemin entre le pari et la couverture macro. Sur ces deux segments, les concurrents s’appellent CME Group côté dérivés et Kalshi, adossé à Intercontinental Exchange, côté prédiction.
Le marché HIP-3 de Hyperliquid (une infrastructure ouverte qui autorise la création de produits dérivés sur actions, matières premières ou parts pré-IPO, négociables 24h/24 et 7j/7) capte une part grandissante de cette demande. Sur le protocole, les traders prennent déjà position sur des sociétés comme Cerebras, Anthropic ou SpaceX, bien avant leur entrée en Bourse.

ETF spot et marchés de prédiction : la base d’investisseurs s’élargit
L’extension ne s’arrête pas là. Hyperliquid a déployé en parallèle ses marchés HIP-4, calqués sur la mécanique des plateformes de prédiction : il devient possible de parier sur des événements politiques, des indicateurs économiques ou des évolutions propres au marché crypto. De quoi attirer un public qui n’aurait jamais ouvert un wallet pour trader des perpetuals.
Côté finance traditionnelle, les ETF HYPE spot lancés par 21Shares et Bitwise ont aspiré 53 millions de dollars en quelques jours. Rapportés à la capitalisation de HYPE, ces flux pèsent, selon FalconX, davantage que les premiers ETF Bitcoin, Ether ou Solana à un stade comparable. Le signal n’est pas anodin : il suggère qu’une demande institutionnelle préexistait, et qu’elle ne demandait qu’un véhicule réglementé pour s’exprimer.
Partenariats stratégiques et angle réglementaire
Sur le plan industriel, Hyperliquid vient de sceller un accord avec Coinbase et Circle pour intégrer l’USDC comme actif de cotation. FalconX chiffre le revenu annuel potentiel de ce partenariat jusqu’à 160 millions de dollars, principalement issus du partage des rendements sur les réserves.
Le cadre réglementaire évolue par ailleurs dans un sens favorable. La SEC étudie un régime d’exemption pour les actions tokenisées, qui pourrait fluidifier l’arrivée d’actifs du monde réel sur les protocoles décentralisés. Si cette piste se concrétise, Hyperliquid se retrouvera en position privilégiée. Reste qu’à mesure que le protocole grossit, les opérateurs historiques montent au créneau : CME et ICE ont déjà fait part de leurs inquiétudes sur les risques de manipulation propres aux marchés du protocole.
La trajectoire de Hyperliquid combine donc deux dynamiques : une diversification produit agressive et une captation rapide de flux institutionnels. La suite dépendra de sa capacité à tenir les deux bouts, soutenir l’innovation tout en répondant aux exigences de conformité que ses nouveaux concurrents savent mobiliser à leur avantage.