Crypto US : BlockFills entame une procédure de faillite sur fonds de déficits importants
Victime du bear market ? Le secteur du prêt et du trading institutionnel crypto enregistre une nouvelle procédure de restructuration majeure. La société Reliz LTD, opérant sous la marque commerciale BlockFills, a déposé une demande volontaire de mise en faillite sous le régime du Chapitre 11 auprès du tribunal du Delaware le 15 mars 2026. Cette décision intervient après plusieurs semaines d’instabilité financière marquée par une suspension des retraits clients le 11 février dernier. L’entreprise justifie cette démarche par la nécessité de préserver la valeur de ses actifs et de maximiser les recouvrements pour ses créanciers à travers un processus supervisé par la justice.
- BlockFills a déposé une demande de mise en faillite sous le Chapitre 11 après une suspension des retraits clients, révélant une instabilité financière préoccupante.
- La société a affiché un déséquilibre financier important, avec des pertes de capital significatives, et subi des changements de gouvernance dans un climat juridique tendu.
BlockFills : Une situation financière sous forte pression opérationnelle
Le bilan financier présenté au tribunal expose un déséquilibre notable entre les actifs et les passifs de la firme. BlockFills déclare des actifs compris entre 50 et 100 millions de dollars, tandis que ses engagements se situent dans une fourchette de 100 à 500 millions de dollars. Ce déficit fait suite à des rapports faisant état d’une perte de capital d’environ 75 millions de dollars le mois dernier, période durant laquelle la direction cherchait activement un repreneur ou un financement d’urgence.
Malgré un volume de transactions supérieur à 60 milliards de dollars en 2025, la plateforme a subi les conséquences d’un environnement de marché complexe. Parallèlement à ces difficultés de trésorerie, la gouvernance de l’entreprise a connu des changements structurels. Nicholas Hammer, cofondateur et figure centrale de BlockFills, a quitté ses fonctions de direction, laissant la place à Joseph Perry en tant que PDG par intérim.
Cette transition s’accompagne d’un contexte juridique tendu, notamment marqué par une ordonnance restrictive temporaire émise récemment à la demande de Dominion Capital. Les allégations portent sur « une gestion inappropriée des actifs numériques des clients et une dissimulation de pertes financières », des éléments qui ont accéléré la décision de placer les entités liées à BlockFills sous la protection du tribunal.

Les enjeux de la restructuration pour les clients institutionnels du prêteur crypto
L’objectif affiché par la direction de BlockFills consiste à stabiliser l’activité tout en explorant de nouvelles sources de liquidités. En optant pour le Chapitre 11, la société crypto dispose du temps nécessaire pour négocier un plan de restructuration consensuel avec ses investisseurs et ses quelque 2 000 clients institutionnels, incluant des fonds spéculatifs et des sociétés minières.
Cette procédure offre ainsi un cadre légal pour traiter les réclamations tout en maintenant une certaine transparence opérationnelle. Le soutien d’investisseurs historiques comme CME Ventures ou Nexo Inc. sera déterminant pour la suite des négociations. Cependant, le processus s’annonce délicat au regard des accusations de mélange de fonds clients qui pèsent sur la plateforme. La priorité déclarée de la firme reste la protection des intérêts de ses utilisateurs, bien que la restauration de la liquidité dépende désormais de l’issue des procédures judiciaires et de potentielles transactions stratégiques.
Les parties prenantes devront suivre de près les étapes de l’inventaire des actifs pour évaluer les chances réelles de recouvrement. Cette situation rappelle la fragilité persistante de certains desks de prêt institutionnels malgré des volumes de trading en croissance.
Le dépôt de bilan de BlockFills souligne donc les risques opérationnels inhérents aux activités de financement et de gestion de risques dans l’écosystème crypto. La restructuration sous supervision judiciaire doit permettre d’ordonner le traitement des dettes et de clarifier la situation des fonds clients immobilisés. Le dénouement de cette affaire servira d’indicateur sur la capacité de résilience des infrastructures institutionnelles face à des crises de solvabilité rapides.