Scandale crypto : Le fils d’un prestataire des US Marshals arrêté en France pour un vol de 46M$
Fils de… L’interpellation de John Daghita, connu sous le pseudonyme « Lick », met fin à une cavale liée au détournement massif de fonds saisis par la justice américaine. Mercredi 4 mars, une opération conjointe entre le FBI et les forces de l’ordre françaises a permis de localiser ce ressortissant américain sur l’île de Saint-Martin. John Daghita est accusé d’avoir dérobé plus de 46 millions de dollars en cryptomonnaies appartenant au gouvernement des États-Unis. Cette intervention est le résultat de plusieurs mois d’investigations menées par le service des Marshals (USMS) et des unités d’élite, mettant en évidence les failles de sécurité chez certains prestataires privés du gouvernement en charge de la crypto d’État.
- L’arrestation de John Daghita, alias « Lick », a mis fin à une cavale liée à un détournement de plus de 46 millions de dollars en cryptomonnaies appartenant au gouvernement américain.
- Une opération conjointe entre le FBI et les forces de l’ordre françaises a permis de localiser et d’appréhender Daghita, révélant des failles de sécurité inquiétantes chez certains prestataires privés du gouvernement.
Un détournement au cœur des portefeuilles crypto de saisie de l’État
L’enquête détaillée par la presse révèle tout d’abord que le vol des fonds a été facilité par les liens familiaux du suspect. John Daghita est le fils du président de CMDSS, une société de services informatiques basée en Virginie. Cette entreprise est mandatée par le département de la Justice et le département de la Défense pour assurer le stockage et la gestion des actifs numériques saisis lors d’enquêtes criminelles.
Le suspect est ainsi accusé d’avoir utilisé cet accès privilégié pour transférer environ 12 540 ETH vers des portefeuilles personnels. L’alerte a été donnée par l’enquêteur spécialisé ZachXBT en janvier dernier, qui a tracé les mouvements suspects reliant les adresses officielles à des comptes privés. Avant son arrestation, le suspect s’était également fait remarquer sur Telegram en affichant sa fortune lors de défis numériques, attirant ainsi l’attention des services de renseignement.

Une opération coordonnée entre le FBI et la Gendarmerie nationale
L’interpellation a nécessité une collaboration étroite entre les agences américaines et françaises pour localiser le suspect dans les Antilles. L’opération a été menée par les unités d’élite de la gendarmerie nationale, notamment le GIGN de Guadeloupe, avec le soutien de la section de recherche de Saint-Martin. Lors de l’intervention, les autorités ont découvert une mallette contenant d’importantes sommes d’argent liquide ainsi que plusieurs portefeuilles matériels (hardware wallets) et clés USB.
Le directeur du FBI, Kash Patel, a finalement confirmé que les États-Unis allaient engager une procédure d’extradition pour juger John Daghita sur le sol américain. Cette affaire illustre la volonté des autorités de poursuivre les auteurs de fraudes contre le Trésor US, même lorsqu’ils tentent de se dissimuler derrière des frontières étrangères.
L’affaire Daghita soulève des questions importantes sur la surveillance des entreprises privées chargées de gérer des fonds publics numériques. Si l’arrestation prouve l’efficacité de la coopération policière internationale et de l’analyse des transactions sur la blockchain, elle révèle aussi une vulnérabilité dans la conservation des actifs saisis. Alors que la procédure d’extradition débute, ce dossier pourrait conduire à un renforcement des contrôles de sécurité imposés aux sous-traitants du gouvernement américain dans le secteur de la crypto. De Séoul à Washington, les autorités ont décidément du mal à gérer les cryptomonnaies avec toute la prudence qui s’impose.