Crypto : la Chine légalise la tokenisation RWA des actifs du monde réel
Un petit pas de plus pour l’adoption des cryptos. La tokenisation des actifs du monde réel, ou RWA (pour Real Workd Assets), est en pleine progression, que ce soit aux États-Unis, en Europe, ou même en Chine. En effet, le pays de Xi Jinping a récemment fait un pas décisif vers la régulation de la tokenisation, en publiant des directives réglementaires qui définissent et encadrent cette pratique, qui consiste à numériser sur les réseaux blockchains des actifs traditionnels (comme les actions, les obligations, l’immobilier….).
- La Chine a fait un pas décisif vers la régulation de la tokenisation RWA des actifs du monde réel en publiant des directives réglementaires.
- Les actifs tokenisés peuvent désormais être émis à l’étranger sous un cadre strict, principalement réservé aux institutions financières.
Une nouvelle ère pour la tokenisation RWA en Chine ?
Comme le rapporte Wu Blockchain ce 18 février, huit autorités chinoises, dont la Banque populaire de Chine (PBoC) et la Commission de réglementation des valeurs mobilières (CSRC), ont récemment émis un avis conjoint sur la gestion des risques liés aux monnaies numériques et aux activités associées, dont la tokenisation RWA.
Selon cet avis, les actifs tokenisés peuvent désormais être émis à l’étranger, mais doivent respecter un cadre strict. Les régulateurs de la CSRC ont ainsi précisé les procédures de dépôt pour les titres financiers adossés à ces tokens RWA. Ces titres, émis à l’étranger (offshore), doivent être soutenus par des flux de trésorerie générés par des actifs chinois (onshore).
Cette première ouverture est cependant réservée principalement aux institutions financières, qui doivent appliquer des procédures KYC (vérification d’identité) et AML (anti-blanchiment d’argent). Les startups Web3 et les acteurs non institutionnels risquent ainsi de faire face des coûts de conformité très élevés, rendant leur participation difficile à court terme.
Un cadre strict et prudent pour éviter les dérives (et la concurrence avec la MNBC ?)
Bien que la Chine assouplisse donc sa position sur les RWA, une extrême surveillance reste de mise. Les autorités craignent que ces instruments financiers ne soient utilisés pour lever des fonds non autorisés.
Les stablecoins adossés à des monnaies fiduciaires restent également sous surveillance accrue. Car l’avis des autorités indique que ces actifs numériques « remplissent efficacement certaines fonctions de monnaie légale en circulation ». Ils sont ainsi des concurrents gênants pour le yuan numérique, la MNBC chinoise (monnaie numérique de banque centrale). Même si ce dernier point n’est bien sûr pas évoqué par les autorités.
La Chine, tout en maintenant une position très stricte sur les cryptomonnaies, reconnaît désormais les RWA comme une forme d’activité réglementée. Cette distinction progressive (monnaies numériques prohibées, stablecoins en évaluation dynamique, tokens RWA intégrés aux cadres financiers traditionnels) montre une architecture réglementaire en évolution. Il faut dire aussi que la Chine ne doit certainement pas vouloir rester en dehors d’un secteur en plein essor, qui a connu 214 % de croissance de sa valorisation en seulement un an.