Cryptomonnaies : Au Royaumme-Unis 40 % des transactions sont bloquées par les banques
Alors que le 10 Downing Street clamait haut et fort vouloir devenir le centre mondial de Bitcoin et des cryptomonnaies, la réalité sur le terrain ressemble davantage à une pièce de Samuel Beckett : on attend la régulation, mais rien ne vient, à part des refus de paiement. Selon le dernier rapport du UK Cryptoasset Business Council, les banques britanniques jouent les videurs zélés à l’entrée de la boîte de nuit crypto.
- Le Royaume-Uni, malgré ses ambitions affichées pour le Web3, a vu ses banques bloquer près de 40 % des transactions crypto.
- Des institutions majeures comme Virgin Money et Chase UK ont rompu les liens avec les exchanges, imposant des restrictions drastiques.
God Save the Bitcoin (mais pas trop)
Il semblerait que pour un investisseur de Sa Majesté, envoyer des fonds vers Coinbase ou Kraken relève aujourd’hui du parcours du combattant.
En effet, près de 40 % des transactions sont purement et simplement bloquées ou mises au placard. On ne parle pas de monnaie de singe : un seul exchange a vu s’évaporer 1,2 milliard de dollars de transactions en un an.
Les institutions comme Virgin Money ou Chase UK ont carrément coupé les ponts, tandis que les « historiques » comme Barclays ou HSBC préfèrent la méthode du garrot : un plafond de 2 500 livres par virement. C’est ce qu’on appelle avoir le sens de l’hospitalité.

Le paradoxe du « Debanking »
Le rapport du UKCBC ne se contente pas de jeter un froid, il dresse le portrait d’une industrie mise en quarantaine. Ce qui choque, c’est la « débancarisation » aveugle : 60 % des entreprises interrogées subissent des perturbations simultanées sur les virements bancaires et les paiements par carte, rendant l’accès au marché quasi impossible pour le néophyte.
Plus inquiétant encore, le Royaume-Uni affiche un score de 7,9 sur 10 sur l’échelle de la difficulté d’accès aux services financiers. À titre de comparaison, cela place la City dans une position bien plus rigide que de nombreux autres hubs mondiaux.
Cette hostilité ne reste pas sans conséquences : 70 % des plateformes interrogées avouent que ces barrières freinent leurs envies d’investir, de recruter ou de lancer de nouveaux produits sur le sol britannique.
Le plus piquant dans cette affaire ? Ces restrictions frappent même les plateformes dûment enregistrées auprès de la FCA (Financial Conduct Authority). Le Conseil des entreprises crypto dénonce désormais une possible violation des règles de concurrence et du devoir de conseil. A suivre.