La Chine pousse ses banques à réduire leur exposition aux bons du Trésor américain
Plus d’achats de la dette US en Chine ? La nomination de Kevin Warsh comme remplaçant de Jerome Powell et futur président de la Fed (la Réserve fédérale américaine) continue de provoquer des remous macroéconomique, et même géopolitiques. En effet, en Chine, les régulateurs financiers viennent de conseiller aux banques du pays de limiter leurs achats de bons du Trésor américain.
Les autorités chinoises demandent de mettre un coup de frein sur les bons du Trésor US
Comme le rapportent plusieurs sources ce 9 février 2026, les régulateurs chinois auraient récemment conseillé aux institutions financières nationales de limiter leurs achats de bons du Trésor américain, et même d’aller jusqu’à réduire leurs positions existantes lorsque l’exposition est jugée trop élevée.
Cette recommandation vise à atténuer les risques liés à la volatilité accrue des marchés obligataires américains. Cette mesure concernerait principalement les banques commerciales et non les détentions souveraines de l’État chinois. Cette initiative s’inscrit dans une logique de prudence face aux fluctuations observées sur le marché de la dette publique américaine.
La directive émise par les autorités, notamment la Banque populaire de Chine (PBOC) et l’Administration nationale de régulation financière, met l’accent sur la gestion du risque de concentration. Les régulateurs ont insisté sur la nécessité de diversifier les portefeuilles pour éviter une dépendance excessive à un seul actif.
Officiellement pas de conflit ni de perte de confiance pour justifier ce choix de la Chine, juste « de la prudence »
Cette recommandation aurait été formulée avant l’appel téléphonique récent entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, soulignant qu’elle ne constitue pas une réponse directe à des tensions géopolitiques immédiates. Les sources officielles présentent cette mesure comme une simple mesure de prudence, sans lien avec une remise en question de la solvabilité des États-Unis.
Mais en coulisse, les investisseurs mondiaux s’interrogent sur la stabilité à long terme de la dette américaine, ce qui se traduit par une volatilité croissante des rendements. La Chine, qui est toujours dans le Top 3 des plus grands détenteurs étrangers de bons du Trésor US, cherche ainsi à protéger ses institutions financières contre d’éventuels chocs de marché, sans pour autant initier une vente massive qui perturberait les équilibres mondiaux.
Certains analystes y voient également un signal supplémentaire de diversification progressive des réserves chinoises, dans un environnement où Pékin accélère déjà ses achats d’or et développe d’autres actifs alternatifs.
Cette évolution illustre aussi les tensions sous-jacentes dans les relations économiques sino-américaines, même si les autorités chinoises insistent officiellement sur le caractère purement technique de la mesure. Elle ne signe pas totalement la fin de l’appétit chinois pour la dette américaine, mais marque une pause significative, et potentiellement pleine de sous-entendus.