Bitcoin vs Wall Street : La Fed va-t-elle laisser entrer les cryptomonnaies dans la Cité ?
C’est le retour de la lutte des classes, mais version haute finance. Les banques traditionnelles, telles des douaniers tatillons à la frontière du vieux monde, tentent désespérément de barrer la route aux pépites de la crypto et de la fintech. Leur dernière arme ? Une demande de moratoire d’un an pour empêcher Circle ou Stripe d’accéder au Graal : les systèmes de paiement de la Réserve Fédérale. Les détails.
- Les banques traditionnelles ont déposé une plainte pour retarder l’accès des entreprises cryptos comme Circle à la Réserve Fédérale.
- Le Genius Act, censé structurer le secteur des stablecoins, reste inactif, exacerbant les tensions entre banques et sociétés crypto.
Le siège de la forteresse Fed
Imaginez la scène : d’un côté, les barons de Wall Street (BPI, Financial Services Forum) qui s’agrippent aux colonnes du temple ; de l’autre, les nouveaux conquistadors du Web3 qui veulent les clés de la « plomberie » financière.
Et, dans ce contexte, nous apprenons dans les lignes du journal Bloomberg que les banques viennent de déposer une plainte formelle exigeant que toute entreprise crypto prouve sa « sagesse » pendant au moins 12 mois avant de pouvoir prétendre à un compte de paiement à la Fed.
Pour les banquiers, c’est une question de sécurité ; pour les observateurs, c’est surtout une peur bleue de voir leur monopole s’évaporer. Si Circle (l’émetteur de l’USDC) obtient ces fameux « comptes restreints » (skinny accounts), il n’aura plus besoin de passer par une banque partenaire pour traiter ses transactions. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon, se faire court-circuiter en beauté.
Le Genius Act : Un arbitre encore aux vestiaires
Par ailleurs, comprenons le contexte qui est électrique. En juillet 2025, Donald Trump a signé le Genius Act, une loi ambitieuse censée offrir un cadre royal aux stablecoins et à l’innovation financière. Problème : l’encre est sèche, mais les décrets d’application sont encore dans les limbes.
Les banques profitent de ce flou artistique pour crier au loup, arguant que le risque de « run » (retraits massifs) sur ces plateformes pourrait faire tanguer tout l’édifice. De leur côté, des firmes comme Anchorage Digital ou Circle s’agacent : elles jugent les restrictions proposées, comme le plafond de 500 millions de dollars sur les soldes nocturnes, totalement ridicules pour des géants qui brassent des milliards quotidiennement.
Le bras de fer est loin d’être terminé. Entre des banques qui jouent la montre et une industrie crypto qui veut passer à la vitesse lumière, la Fed se retrouve dans la position inconfortable de l’arbitre qui ne veut fâcher personne. Une chose est sûre : le privilège bancaire ne tient plus qu’à un fil… ou plutôt, à une ligne de code.