Alerte : La justice de New York et les banques lancent une offensive contre les stablecoins
Le « GENIUS Act », la loi fédérale signée par Donald Trump en juillet dernier pour encadrer les cryptomonnaies, est aujourd’hui attaqué sur deux fronts simultanés.
Ce lundi, une coalition de procureurs new-yorkais et le puissant lobby bancaire américain ont lancé une charge coordonnée contre les émetteurs de stablecoins, Circle (USDC) et Tether (USDT).
Voici les faits et ce qu’ils impliquent pour vos investissements.
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L’attaque judiciaire : « Une couverture légale pour la fraude »
Dans une lettre ouverte publiée ce lundi, la procureure générale de New York, Letitia James, accompagnée de quatre procureurs de district (dont Alvin Bragg de Manhattan), a vivement critiqué la législation actuelle.
Selon ces officiels, le GENIUS Act échoue à protéger les consommateurs et offre même une « couverture légale » aux émetteurs de stablecoins pour faciliter la fraude financière.
Les accusations portées contre Tether et Circle sont lourdes :
- Profits sur fonds gelés : Les procureurs estiment que chaque entreprise a généré environ 1 milliard de dollars de profits en 2024 en investissant les réserves qui backent des fonds volés ou gelés.
- Manque de coopération : La lettre accuse Tether de geler les transactions suspectes « au cas par cas » et Circle d’avoir des politiques « significativement pires » pour les victimes de fraude.
- Impunité : En l’absence d’obligation fédérale de restitution dans le GENIUS Act, les émetteurs pourraient légalement conserver les fonds volés.
Tether, dont le siège est au Salvador, a répliqué en affirmant ne pas avoir « d’obligation légale générale de se conformer aux processus civils des États américains », bien qu’ils collaborent volontairement avec le FBI.
L’attaque bancaire : Interdire le rendement
Simultanément, l’American Bankers Association (ABA) a intensifié son lobbying auprès du Sénat et de la Maison Blanche pour amender le GENIUS Act.
Leur cible ?
Le rendement !
Les banques exigent l’interdiction totale de tout intérêt ou récompense sur les stablecoins, qualifiant ces produits de « substituts de dépôts non réglementés ».
L’enjeu est colossal : selon Brian Moynihan, PDG de Bank of America, si rien n’est fait, 6 000 milliards de dollars de dépôts pourraient fuir les comptes bancaires traditionnels vers ces alternatives numériques à haut rendement. L’argument des banques est économique : moins de dépôts signifie moins de capacités de crédit pour l’économie réelle.

Pourquoi maintenant ?
Le timing n’est pas anodin. Le GENIUS Act est en phase d’implémentation (18 mois après sa signature en juillet 2025). C’est le moment critique où les règles du jeu se figent.
D’un côté, les procureurs de New York (traditionnellement durs avec la crypto) tentent d’imposer des standards de conformité drastiques. De l’autre, les banques traditionnelles réalisent que le « Yield » (rendement) offert par la DeFi et les stablecoins est une menace existentielle pour leur modèle d’épargne classique.
Jeremy Allaire, PDG de Circle, a qualifié ces tentatives d’interdiction de rendement de « totalement absurdes » lors du Forum Économique Mondial, arguant que c’est une modernisation nécessaire de la finance.
Comment vous protéger ?
Cette actualité révèle une tension majeure : le système traditionnel (justice et banques) cherche à reprendre le contrôle sur des flux financiers qui leur échappent.
Si le lobby bancaire l’emporte, les plateformes centralisées pourraient être forcées de stopper toute rémunération sur vos stablecoins. C’est le risque de la centralisation.
Cependant, ces débats juridiques ne concernent pas la Finance Décentralisée (DeFi) réelle. Dans la DeFi, le rendement ne vient pas d’une décision commerciale d’une banque, mais de l’activité réelle du réseau (frais d’échange, prêts collatéralisés).

C’est un système « Bankless » qui ne dépend pas du bon vouloir de l’ABA ou d’un amendement au GENIUS Act.C’est toute la philosophie du Club 25% : ne pas dépendre d’un intermédiaire qui peut être censuré ou interdit, mais apprendre à gérer ses propres stratégies de rendement à la source.