“Bitcoin, totem et tabou” : l’institut Sapiens publie un rapport remarquable

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Yorick de Mombynes et Gonzague Grandval ont publié sous l’étendard de l’Institut Sapiens, un rapport sur Bitcoin. Cet article a pour vocation de saluer ce travail remarquable, comme nous avions pu le faire pour Nicolas Colin. Dans leur rapport, Yorick et Gonzague mettent en lumière le Bitcoin que l’on aime, subtile alchimie, essence d’une révolution “économique, sociétale, culturelle, presque civilisationnelle”. On est loin du blockchain bullshit auquel même les plus respectables se livrent, mais encore plus loin – Dieu merci ! – des ingrats ne parlant que de son prix, de tulipes et de ponzis. Faites place à “Bitcoin, totem et tabou”.

Ses origines

Yorick de Mombynes et Gonzague Grandval démarrent par un rappel des origines de Bitcoin en présentant Timothy May & l’émergence des Cypherpunks, la publication du manifeste crypto-anarchiste, Nick Szabo et le Bit Gold, Gregory maxwell, Adam Back. Ils poursuivent avec une originale explication du fonctionnement du réseau Bitcoin, où Bob et Alice sont cette fois-ci remplacés par Mario (Draghi ?) et Emmanuel (Macron ?). Une fois l’explication technique donnée, c’est le sujet de la gouvernance qui est abordé, où les arguments sont les seuls maitres légitimes pour orienter. Viennent ensuite les enjeux liés au développement de Bitcoin, avec un long passage sur la scalabilité où l’on retrouve bien évidemment Segwit et Lightning network

Ses prix Nobels

Les prix Nobels sont ensuite passés au peigne fin, ou plutôt rasés de près à la serpe, Jean Tirole, Paul Krumgan y passent. Robert Shiller y échappe, en raison d’une prise de recul tout à son honneur. Jacques Favier est cité dans le même passage, mais comme à son habitude, c’est plutôt lui qui tient la serpe et se transforme en barbier, épaulé dans son œuvre de salubrité publique par Nicolas Colin que nous avons déjà remercié.

Sa sécurité

La sécurité du réseau est aussi mise à l’honneur, venant contredire l’argument selon lequel Bitcoin ne reposerait sur rien. C’est faux, il y a bien quelque chose derrière Bitcoin, qui a d’ailleurs permis de mettre pour la première fois en pratique certaines théories mathématiques des grands nombres avec la puissance de calcul du réseau, comme l’a montré Jean-Paul Delahaye. Le parallèle est fait avec la puissance des États, qui peut être évaluée par leurs ressources militaires, humaines, financières ou énergétiques.

Sa consommation

Quelle est la suite ? La question énergétique à l’origine de toute cette puissance de calcul bien évidemment. Immédiatement est refoulée une idée trop fréquemment répandue : non le débit sur le réseau Bitcoin n’est pas une fonction croissante de la puissance de calcul. Ce simple fait remet les pendules à l’heure, mais les auteurs ne s’arrêtent pas là en mettant en avant la nécessite de cette preuve de calcul pour conserver une sécurité optimale du réseau, une priorité quand on défend un système de paiement.

Sa communauté

Toujours dans l’idée de montrer que Bitcoin ne repose pas sur rien, l’essai montre au contraire que Bitcoin repose sur tous, tous en prononçant le S à la fin, car Bitcoin n’appartient à personne, mais à tout le monde. Les early adopters ont déjà de forts liens, soudés grâce aux péripéties qu’a connu la communauté depuis sa naissance en 2009. Y est citée par exemple la fermeture de Mt Gox en février 2014. La fondation Bitcoin, l’absence de budget marketing ne faisant qu’assoir Bitcoin face à l’assaut des altcoins, qui n’existent que grâce à une autre des beautés de Bitcoin : le hard fork. Quiconque n’est pas d’accord, peut librement se servir des acquis du passé, pour tracer un nouveau chemin. Maintenant que l’institut Sapiens, a exposé sa défense, il passe à l’attaque. Chers États, sur quoi repose-t-elle votre monnaie ?

Sa lutte

Depuis 1971, les monnaies ne reposent sur aucun sous-jacent réel permettant de contraindre le prince. Si les monnaies se maintiennent, c’est par la loi, leurs falsifications étant pénalisées par la plus haute peine, la peine criminelle : 30 ans de prison au terme de l’article 442-1 du Code pénal. Le prince étant libre, il a abusé de son pouvoir, et 2008 a montré les limites de ce système impulsé par Nixon en 1971. L’innutrition étant la règle, Frédéric Bastiat, Cécile Philippe et Hayek sont cités. Peut-être est-ce finalement l’offre limitée à 21 millions de bitcoins qui est le véritable problème des États. Comment se maintenir lorsque l’on vacille, sans pouvoir utiliser cet outil de pouvoir qu’est le quantitative easing ?

Merci

Même si nous étions bien partis, arrêtons la lecture à mi-chemin, l’ouvrage est de trop bonne qualité pour être lu si vite, et le commentaire pas encore suffisamment adroit pour véritablement le mettre en avant. Une fois terminé, il rejoindra “Mastering Bitcoin”, “Bitcoin, la monnaie acéphale”, et “Bitcoin, Registres Blockchain & Smart Contracts” sur notre étagère du coin virtuelle. Merci à Yorick de Mombynes et Gonzague Grandval de participer à la démocratisation de Bitcoin en écrivant des “rapports” aussi riches sur Bitcoin.

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Directeur de publication du média que vous lisez en ce moment même, je quitte mes fonctions stratégiques de temps en temps, pour écrire des billets d'analyse financière du marché des cryptomonnaies.

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fred
Invité
fred

Lapsus marrant dans le cadre de la crypto : Cypherpunks au lieu de Cyberpunks

Zorba Vertigo
Invité
Zorba Vertigo

Niveau conso énergétique, j’ai pas bien saisi l’argument… alors que c’est pourtant ce qui me détourne le plus du bitcoin, au profit de cryptos plus “eco friendly”