Stablecoin Qivalis : L’offensive de 12 banques européennes pour l’autonomie financière
L’union fait la force. Le secteur bancaire européen accélère sa mue numérique avec le projet Qivalis, un consortium de douze établissements financiers de premier plan visant à lancer un stablecoin indexé à l’euro. Après l’adhésion récente du géant espagnol BBVA en février 2026, le groupe intensifie ses discussions avec des plateformes d’échange, des teneurs de marché et des fournisseurs de liquidité. L’objectif est de déployer cet actif au cours du second semestre 2026, offrant ainsi une alternative domestique et régulée aux stablecoins majoritairement libellés en dollars américains, qui dominent actuellement plus de 99 % du marché mondial.
- Le projet Qivalis marque une avancée importante dans le secteur bancaire européen avec le lancement prévu d’un stablecoin indexé à l’euro.
- Le consortium Qivalis a promis une gestion rigoureuse et sécurisée des réserves pour garantir une solvabilité exemplaire de son stablecoin.
Qivalis : Une infrastructure de distribution globale et conforme à MiCA
Le consortium Qivalis, dirigé par Jan Sell, ancien responsable de Coinbase en Allemagne, mène actuellement des négociations avancées pour garantir une adoption large dès le premier jour de commercialisation. La stratégie de distribution repose sur une approche hybride : les banques actionnaires — telles que ING, UniCredit, CaixaBank ou BNP Paribas — distribueront directement le jeton, complétées par des plateformes d’échange internationales et européennes.
Des entités conformes au règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), comme la plateforme espagnole Bit2Me, ont ainsi déjà confirmé des contacts avec le consortium. Cette structure vise à faciliter les paiements transfrontaliers en temps réel pour les entreprises et à optimiser les flux commerciaux globaux, tout en respectant les standards de sécurité et de conformité européens.

Une gestion rigoureuse des réserves et de la solvabilité du stablecoin
La solidité financière du stablecoin Qivalis repose ensuite sur une stratégie de réserve diversifiée pour minimiser les risques de concentration. Selon les détails fournis par le directeur financier Floris Lugt, les fonds seront garantis à hauteur de 1:1. Par ailleurs, au moins 40 % de ces réserves seront détenus sous forme de dépôts bancaires auprès d’établissements de crédit hautement qualifiés, tandis que les 60 % restants seront investis dans des obligations souveraines à court terme de la zone euro.
Cette gestion prudente vise à assurer un rachat possible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour les détenteurs de jetons. En unissant leurs forces, les banques du consortium espèrent créer une masse critique suffisante pour éviter la fragmentation du marché et s’imposer face aux solutions indépendantes, comme en témoigne l’abandon par BBVA de son propre projet individuel au profit de cette initiative collective.
Le projet Qivalis représente une étape majeure dans la quête d’autonomie stratégique de l’Europe en matière de paiements numériques. En combinant la puissance des bilans bancaires traditionnels avec la flexibilité de la technologie blockchain, le consortium tente donc de combler le retard de l’euro sur le marché des cryptomonnaies dites stables. La réussite de ce lancement dans la seconde moitié de 2026 dépendra de la capacité des douze banques membres à intégrer efficacement cet outil dans les circuits du commerce mondial et à convaincre les utilisateurs de la supériorité d’un actif régulé face aux géants américains du secteur.