Crypto, Javier Milei et Libra : Un document révèlerait un projet d’accord de 5 millions de dollars
Scandale d’État ? Le dossier judiciaire entourant le jeton Libra, une cryptomonnaie dont la promotion éphémère par le président argentin Javier Milei avait provoqué d’importantes pertes financières en février 2025, connaît un développement notable. Des expertises forensiques réalisées sur le téléphone de Mauricio Novelli, intermédiaire clé et lobbyiste du secteur, révèleraient l’existence d’un projet d’accord financier chiffré. Ce document, rédigé quelques jours avant l’intervention publique du chef de l’État sur les réseaux sociaux, détaillerait une structure de paiements totalisant 5 millions de dollars. Cette découverte fragilise la thèse d’une simple publication spontanée et désintéressée de la part de l’exécutif argentin. Voici ce que l’on sait.
- Le scandale entourant la promotion du jeton Libra par le président argentin Javier Milei prend une nouvelle tournure avec la révélation d’un projet d’accord financier chiffré à 5 millions de dollars.
- Des documents saisis révèlent une structure de paiement complexe et des échanges fréquents entre le président et des lobbyistes, remettant en cause la version officielle d’une promotion innocente.
Libra et clan Milei : Une structure de paiement prédéfinie avant le lancement ?
Selon la presse locale, le document saisi, daté du 11 février 2025, expose une répartition précise des fonds liés au projet. Des notes récupérées par la justice détaillent tout d’abord le versement de 5 millions de dollars se décomposant en trois étapes : une avance immédiate de 1,5 million, une somme équivalente déclenchée par une annonce officielle du président sur son compte X, et un solde de 2 millions lié à la signature de contrats de conseil en blockchain et intelligence artificielle pour le gouvernement. Ces montants pouvaient être réglés indifféremment en jetons liquides ou en numéraire, soulignant la nature hybride de la transaction envisagée.
Les enquêteurs ont également mis en évidence une corrélation temporelle entre ces écrits et les communications présidentielles. Les relevés téléphoniques montrent des échanges fréquents entre Mauricio Novelli, le président Javier Milei et sa sœur Karina Milei dans les minutes précédant et suivant la publication promotionnelle du 14 février. Bien que le document ne désigne pas explicitement les destinataires finaux des fonds, la concordance entre les termes de la note et les actions publiques menées par la suite constitue un élément central de l’analyse judiciaire en cours.

Gestion de crise et coordination au sommet de l’État autour du scandale Libra
La seconde phase de l’investigation se concentre sur la réaction gouvernementale suite à la chute rapide de la capitalisation du jeton, qui avait atteint 4 milliards de dollars avant de perdre la quasi-totalité de sa valeur. Une autre note, rédigée le 16 février 2025, semble ainsi préparer une stratégie de communication visant à protéger les principaux acteurs impliqués. Ce texte prévoyait de nier toute implication financière tout en attribuant les critiques à des manœuvres de l’opposition politique. Les échanges entre Mauricio Novelli et le conseiller présidentiel Santiago Caputo durant cette période suggèrent donc une tentative coordonnée de circonscrire le scandale.
L’analyse des communications révèle que le cercle restreint du gouvernement est resté en contact permanent avec les promoteurs du jeton alors que les pertes pour les investisseurs de détail étaient déjà massives. Ces nouveaux éléments contredisent les déclarations initiales de Javier Milei, qui affirmait avoir simplement relayé une information trouvée en ligne sans en connaître les détails techniques ou financiers. Le dossier Libra, qui a causé un préjudice estimé à plusieurs centaines de millions de dollars pour environ 40 000 épargnants, entre désormais dans une phase d’examen approfondi des flux financiers réels pour déterminer si les paiements prévus dans le projet d’accord ont effectivement été exécutés.
La découverte de ces documents confidentiels apporte une perspective nouvelle sur l’organisation du projet Libra et l’implication présumée de l’administration argentine. Le passage d’une promotion perçue comme maladroite à l’existence d’un protocole financier documenté modifierait évidemment l’orientation de l’enquête judiciaire. La suite de la procédure devra établir la responsabilité des différents intermédiaires et valider si ces accords ont influencé les décisions publiques, dans un contexte de pression croissante pour une transparence totale sur les liens entre pouvoir politique et actifs numériques.