Crypto escroquerie : Un Gardois perd 24 000 euros d’or contre des USDT factices
Vrais faux dollars. L’ingéniosité des réseaux criminels dans le secteur des actifs numériques continue de faire des victimes, même parmi les profils familiers de l’outil informatique. Le 17 février 2026, Daniel, un habitant du Gard de 45 ans et ancien développeur web, a été délesté de sa collection de métaux précieux lors d’une transaction physique organisée à Valence. La victime a accepté un paiement en crypto pour une valeur de 24 000 euros, avant de s’apercevoir, trop tard, que les fonds reçus étaient une contrefaçon numérique de l’USDT (Tether).
- Daniel, un ancien développeur web, a été victime d’une escroquerie à la crypto à Valence, perdant une collection de métaux précieux.
- L’escroquerie a utilisé une contrefaçon numérique de l’USDT, exposant la vulnérabilité des transactions numériques de gré à gré.
Une mise en scène minutieuse au cœur de Valence
L’escroquerie débute tout d’abord sur la plateforme de vente entre particuliers Leboncoin, nous raconte Le Dauphiné Libéré, où Daniel met initialement en vente trois pièces d’or. Très vite, un acheteur prétendant résider à Évian-les-Bains manifeste un intérêt pour un lot bien plus conséquent : 15 pièces d’or et 200 pièces d’argent.
Pour des raisons de sécurité, l’acquéreur propose ensuite un règlement en Tether (USDT) afin d’éviter le transport risqué de 24 000 euros en liquide. Le rendez-vous est fixé à mi-chemin, au Café Bancel à Valence. Sur place, c’est un intermédiaire prénommé Arnault — un homme de forte corpulence — qui se présente pour inspecter le contenu de la boîte métallique contenant le trésor.
La transaction s’effectue de téléphone à téléphone, sous les conseils de l’acheteur resté à distance, via une application de portefeuille électronique. Mais la satisfaction de Daniel est de courte durée et les problèmes commencent une fois de retour à son hôtel.

Le piège de l’USDT falsifié et l’impossibilité de retrait de la crypto
En connectant son portefeuille sur un ordinateur, il découvre une réalité que l’écran de son smartphone masquait : les 28 351,36 dollars affichés sont une version falsifiée du Tether. Contrairement au véritable USDT, ces jetons ne possèdent donc aucune valeur et ne sont reconnus par aucune plateforme d’échange.
L’escroc, simulant d’abord l’étonnement par SMS avant de bloquer tout contact, a profité d’une faille technique : sur certains portefeuilles mobiles, il est possible d’afficher des noms d’actifs usurpés sans que les messages d’alerte de sécurité ne soient visibles. Daniel, qui comptait sur cette somme pour financer des travaux et des vacances, a déposé plainte auprès de la gendarmerie d’Alès. Il soupçonne désormais son interlocuteur d’être basé en Suisse, sur la base de détails partagés lors de leurs échanges, et il reconnait à demi-mots avoir été « naïf ».
Ce fait divers illustre la dangerosité des transactions de gré à gré impliquant des actifs numériques, même pour des profils technophiles. La fausse cryptomonnaie n’est pas une défaillance de la blockchain, mais une manipulation logicielle visant à créer l’illusion d’un paiement. Daniel, bien que marqué par la honte de s’être fait piéger, a choisi de témoigner pour alerter le public sur ces tokens factices qui pullulent sur les réseaux. La prudence reste de mise : pour une telle somme, l’utilisation d’un séquestre ou d’une plateforme certifiée est la seule protection réelle contre des personnes mal intentionnées.