Ethereum : Vitalik Buterin prépare le réseau à l’ère post-quantique
C’est déjà demain. L’écosystème Ethereum franchit une nouvelle étape dans sa quête de performance et de résilience. L’équipe Protocole de la Fondation Ethereum a dévoilé la « Strawmap », une feuille de route holistique projetant les évolutions de la couche de base (L1) jusqu’à la fin de la décennie. Ce document, complété par les analyses de Vitalik Buterin ce jeudi 26 février, dessine un futur où la blockchain devient un système quasi-temps réel avec une trajectoire claire vers la résistance quantique.
- L’écosystème Ethereum a franchi une étape importante avec la présentation de la « Strawmap », une feuille de route jusqu’à 2029.
- Vitalik Buterin a précisé un plan de réduction du temps de production des blocs, visant une finalité quasi instantanée et une résistance quantique.
La « Strawmap » d’Ethereum : Cap vers 2029
La Strawmap (contraction de strawman — proposition pour discussion — et roadmap) n’est pas une promesse rigide, mais un outil de coordination « accélérationniste ». Elle organise les mises à jour sur la base d’une cadence indicative d’environ un fork tous les six mois jusqu’en 2029.
Le document identifie cinq « étoiles polaires », ou objectifs structurants, pour le réseau : une L1 rapide avec des slots courts et une finalité en secondes, une capacité d’environ 1 gigagas par seconde (soit ~10 000 TPS selon le coût moyen des transactions), une scalabilité massive des L2 via le data availability sampling (jusqu’à 1 gigaoctet par seconde), une cryptographie résistante au quantique fondée sur des schémas hash-based et une confidentialité native avec des transferts d’ETH protégés.
Les prochains rendez-vous techniques sont déjà baptisés : Glamsterdam et Hegotá, prévus pour la fin de l’année 2026.

Le plan de Vitalik Buterin : de 12 à 2 secondes par bloc
Vitalik Buterin a apporté des précisions cruciales sur l’un des piliers de cette vision : la réduction progressive du « slot time » (le temps de production d’un bloc). Actuellement fixé à 12 secondes, ce paramètre pourrait être abaissé par étapes successives selon une trajectoire proche de √2 — 12s → 8s → 6s → 4s → 3s → 2s — les deux dernières phases restant plus spéculatives et conditionnées à des avancées de recherche ainsi qu’à des garanties de sécurité suffisantes.
Cette approche incrémentale permet de tester la robustesse du protocole à chaque palier, à l’image de l’ajustement du blob target, tout en préparant les optimisations du réseau pair-à-pair nécessaires pour réduire la latence sans compromettre la décentralisation.
Grâce à l’« erasure coding » (codage à effacement), un bloc sera divisé en plusieurs fragments. Un nœud n’aura besoin que d’une partie de ces fragments pour reconstruire le bloc complet, réduisant ainsi drastiquement les besoins en bande passante et le temps de propagation.

Finalité en seconde et résistance quantique
Le second grand chantier concerne la « finalité » — le moment où une transaction est considérée comme irréversible. Aujourd’hui, ce processus prend environ 16 minutes. La Strawmap prévoit une réduction progressive de ce délai, avec une trajectoire intermédiaire en plusieurs étapes (quelques minutes puis moins d’une minute), et un objectif de long terme situé entre 6 et 16 secondes grâce à un nouveau mécanisme de finalité de type BFT (Minimmit).
Vitalik Buterin décrit ce remplacement progressif des composants du consensus comme le « navire de Thésée » : une reconstruction pièce par pièce pour aboutir à un système plus simple et formellement vérifié. Les changements les plus profonds seront couplés au passage à des signatures résistantes aux ordinateurs quantiques.
Le plan sépare enfin la production des blocs de leur validation finale. Cela permettrait, en cas d’émergence soudaine d’ordinateurs quantiques, que le réseau continue de produire des blocs (résistance quantique précoce des slots) même si la garantie de finalité mettait plus de temps à être sécurisée.
Cette transformation profonde de la couche de base témoigne de la maturité d’Ethereum, qui cherche désormais à allier la sécurité historique du protocole à une réactivité comparable aux systèmes financiers centralisés. En réduisant les délais de transaction et en anticipant la menace quantique, la « Strawmap » ne se contente pas d’optimiser le réseau actuel : elle pose les fondations d’une infrastructure capable de supporter une économie mondiale décentralisée. Ce passage au temps réel, s’il est mené à bien au fil des prochains forks, pourrait définitivement effacer la barrière de l’expérience utilisateur, faisant d’Ethereum un système invisible et omniprésent, aussi fluide pour l’utilisateur final qu’une application web traditionnelle, mais avec les garanties de transparence et d’immuabilité propres à la blockchain. Au boulot maintenant !