Crypto en France : La souveraineté et la sécurité des personnes érigées en impératifs d’État
Crypto is politic. Le sixième anniversaire de l’Adan (Association pour le Développement des Actifs Numériques), célébré ces derniers jours, marque un tournant institutionnel pour l’écosystème crypto en France. L’événement, qui s’est tenu dans un climat de tension extrême pour les entrepreneurs du secteur crypto, a été le théâtre de déclarations politiques majeures. Longtemps perçue comme une niche technique ou spéculative, la blockchain est désormais traitée au plus haut sommet de l’État comme un enjeu de défense économique et de sécurité publique.
- Le sixième anniversaire de l’Adan a marqué un tournant institutionnel pour l’écosystème des actifs numériques en France.
- Laurent Nuñez a annoncé un plan d’urgence face à une recrudescence alarmante de crimes violents ciblant le secteur crypto.
Laurent Nuñez : Un plan d’urgence face à l’explosion de la criminalité violente
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a prononcé un discours d’une gravité exceptionnelle, entouré des plus hauts responsables de la police et de la gendarmerie nationale. Son message est sans ambiguïté : la sécurité physique des acteurs du Web3 est devenue une priorité de premier rang pour la Place Beauvau.
Ce déploiement d’autorité répond à une réalité brutale : depuis début 2025, la France connaît une recrudescence alarmante de crimes violents — enlèvements, séquestrations à domicile et extorsions — ciblant spécifiquement les dirigeants et investisseurs du secteur. Face à cette menace, le ministre a détaillé les mesures de protection immédiate déployées par ses équipes.
Des policiers et gendarmes réalisent désormais des audits de vulnérabilité directement aux domiciles et sièges sociaux des professionnels exposés, tandis que des canaux d’alerte prioritaires garantissent une intervention immédiate des unités d’élite. En parallèle, un programme de formation croisée permet aux enquêteurs de parfaire leur expertise blockchain pendant que les forces de l’ordre forment les entrepreneurs à la prévention opérationnelle.
Laurent Nuñez a conclu par un message de fermeté absolue, rappelant que les services de l’État ont procédé à plus de vingt interpellations au cours du seul mois de janvier 2026. Dans une approche plus géopolitique, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a préféré souligner que la maîtrise des flux blockchain est avant tout un enjeu de souveraineté nationale.

Gabriel Attal : Le retard technologique dans la crypto comme risque de souveraineté
Il a alerté sur le risque de voir la France et l’Europe définitivement distancées par les États-Unis et la Chine en raison de contraintes réglementaires et de capacités de financement trop limitées. Selon lui, l’indépendance de demain se jouera sur la capacité du continent à ne plus dépendre d’infrastructures financières étrangères.
L’Europe se trouve aujourd’hui pour lui dans une situation paradoxale : si elle domine encore les réseaux bancaires traditionnels avec 23 % des messages SWIFT, elle est quasiment inexistante sur le marché des stablecoins avec seulement 0,2 % de parts de marché.
Gabriel Attal a appelé à une réaction immédiate pour faire de l’euro numérique une référence mondiale. Ce retard n’est plus seulement économique, il est stratégique et menace directement l’autonomie de décision de l’Union européenne sur la scène internationale.
Au-delà des discours, la situation sur le terrain demeure critique. L’année 2026 s’annonce comme celle de la confrontation entre une ambition politique de Crypto Nation et la réalité d’une délinquance ultraviolente qui teste la capacité de l’État à protéger ses innovateurs. La sécurité de ceux qui construisent la finance de demain n’est plus une option, c’est la condition sine qua non de l’attractivité française. Mais peut-on encore raisonnablement attendre quelque chose du personnel politique ?