Krach boursier et chute des marchés : Séoul suspend les ordres automatisés pendant 5 minutes
Panique au pays du matin calme. À Séoul, ce lundi, l’ambiance n’était pas aux cerisiers en fleurs mais plutôt au sauve-qui-peut général. À 12h31 précise, la Korea Exchange (KRX) a dû actionner le « Sidecar », un coupe-circuit financier qu’on n’avait pas revu depuis le séisme de novembre dernier. La raison ? Un indice KOSPI 200 (les contrats à terme) qui a piqué du nez, perdant plus de 5 % en un éclair.
Mais pourquoi ce vent de panique ? C’est le « Warsh Shock« . La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed par Donald Trump a glacé le sang des investisseurs. D’une réputation d’homme ultra-rigoureux, il risque de maintenir des taux d’intérêt élevés très longtemps. Résultat : le Won dégringole, et les traders vendent avant que le ciel ne leur tombe sur la tête.
- La Bourse de Séoul a été secouée par l’activation du « Sidecar » en raison d’une chute soudaine de l’indice KOSPI 200.
- La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed a semé l’inquiétude chez les investisseurs, provoquant une vente massive et impactant le marché sud-coréen.
KOSPI, Sidecar : Petit lexique pour ne pas mourir idiot
Pour ceux qui pensent que le KOSPI est un nouveau plat de street-food coréen, un petit rappel s’impose. Le KOSPI (Korea Composite Stock Price Index). Quand le KOSPI baisse, c’est toute la santé industrielle de la péninsule qui tousse ( Samsung ou Hyundai par exemple).
Le Sidecar, lui, est le garde-fou du système. Quand les algorithmes de trading, robots qui vendent plus vite que leur ombre, s’emballent et font chuter le marché de plus de 5 % pendant une minute, la Bourse siffle la fin de la récré. On suspend les ventes automatisées pendant cinq minutes. C’est une pause respiratoire, un entracte forcé pour permettre aux humains de reprendre leurs esprits avant que la machine ne dévore tout.
L’IA dans le dur et Samsung au tapis
Le drame ne s’arrête pas là. On ne peut ignorer les doutes qui planent sur la Silicon Valley. Entre les rapports mitigés de Microsoft et les hésitations de Nvidia, la « bulle » de l’intelligence artificielle semble montrer des signes de fatigue. Pour des géants comme Samsung et SK Hynix, fournisseurs mondiaux de puces, c’est la douche froide. Le marché réalise soudain que les milliards investis dans l’IA ne se transforment pas encore en lingots d’or sonnants et trébuchants.
Entre politique monétaire agressive et désenchantement technologique, Séoul a frôlé l’apocalypse. Le « Sidecar » a fait son job, mais le moteur du KOSPI, lui, fume encore. Reste à savoir si le pivot tant attendu de la Fed ne se transformera pas en une longue marche dans le désert.