
Crypto : Cet homme a été payé en Ethereum pour espionner une entreprise concurrente
Espionnage 2.0. Si les cryptomonnaies ont la réputation – très surfaite – d’être utilisées dans le cadre d’activités cybercriminelles, elles peuvent également servir dans le cadre d’autres activités illégales comme l’espionnage industriel ! Retour aujourd’hui sur le cas de cet employé de l’entreprise Rippling qui a avoué avoir été payé en Ethereum pour espionner son entreprise au profit de Deel, une autre société concurrente.
- Un employé de Rippling a avoué avoir été payé en cryptomonnaie pour espionner son entreprise au profit de la société concurrente Deel.
- Rippling a engagé des poursuites judiciaires contre Deel pour espionnage industriel, tandis que Deel nie ces accusations.

Un espion payé en ETH pour des informations
Le 1er avril, Keith O’Brien, un ancien employé de l’entreprise Rippling a déposé un affidavit, soit une déclaration sous serment, auprès de la cour de Dublin. Dans ce document, il affirme avoir été recruté par Deel pour espionner son entreprise, Rippling. Pour rappel, Rippling et Deel sont deux sociétés qui proposent des solutions de gestion de la paie et des ressources humaines pour les entreprises internationales.
Selon ses dires, Keith O’Brien aurait été recruté par Deel en septembre 2024 alors qu’il était encore employé chez Rippling. Il aurait alors été payé 5 000$ par mois en Ethereum pour fournir des informations confidentielles sur Rippling. Il semblerait que le paiement en crypto ait été choisi par Deel car il « ne laisserait aucune trace ».
Entre septembre 2024 et mars 2025, il aurait ainsi transmis des informations sensibles à Deel via Telegram. Elles incluaient notamment des détails sur la stratégie commerciale de Rippling, ses clients et ses projets futurs.

Rippling contre-attaque alors que Deel nie en bloc
Il a affirmé avoir accepté cette offre parce qu’il était en difficulté financière, qu’il pensait que Deel était dans son bon droit et enfin qu’il ne réalisait pas la gravité de ses actions.
Suite à ces révélations, Rippling a décidé de porter plainte contre Deel pour espionnage industriel. L’entreprise accuse Deel d’avoir orchestré une campagne de surveillance illégale pour obtenir un avantage concurrentiel. Rippling réclame des dommages et intérêts ainsi qu’une injonction pour empêcher Deel d’utiliser les informations obtenues illégalement.
De son côté, Deel nie les accusations et affirme qu’elle n’a jamais demandé à O’Brien de commettre des actes illégaux. L’entreprise soutient qu’elle a simplement embauché O’Brien comme consultant pour obtenir des informations sur le marché. Deel affirme enfin qu’elle n’a jamais utilisé les informations fournies par O’Brien pour nuire à Rippling.
Ce sera à la justice de démêler le vrai du faux et de déterminer si les regrets du principal mis en cause, qui s’est dénoncé, sont sincères. Mais on s’aperçoit une fois de plus qu’utiliser de la cryptomonnaie en pensant contourner les lois ne fonctionne pas vraiment et que les services de police sont capables de tracer les fonds, de les localiser et de les saisir. À moins de s’appeler Lazurus…
