Crypto : Monero (XMR) défie la surveillance et stabilise son usage en 2026
Le paradoxe Monero. L’activité transactionnelle de Monero (XMR) fait preuve d’une résilience remarquable en 2026. Selon le dernier rapport de TRM Labs intitulé « Monero in 2025: Persistent Use and Emerging Network-Layer Insights », l’usage de cet actif se stabilise désormais au-dessus des niveaux de 2022. Cette persistance est d’autant plus notable que l’actif a subi une vague massive de déréférencements, avec environ 73 plateformes d’échange ayant retiré le jeton de leurs listes pour la seule année 2025, incluant des géants comme Binance et Kraken. Alors que les blockchains publiques comme Bitcoin et les stablecoins indexés sur le dollar deviennent de plus en plus transparents pour les enquêteurs, Monero s’affirme comme le refuge privilégié de la confidentialité numérique. Pour le meilleur et pour le pire.
- L’activité transactionnelle de Monero a démontré une résilience extraordinaire en 2026, malgré de nombreux déréférencements par des plateformes majeures.
- Monero a solidifié sa position dans l’écosystème illicite, avec une adoption marquée sur les marchés du darknet, tout en révélant de nouvelles failles au niveau de sa couche réseau.
Monero : Une adoption croissante dans l’écosystème illicite malgré les freins de liquidité
Le rôle de Monero dans la cybercriminalité évolue ainsi vers une spécialisation accrue. Dans les marchés du darknet, la transition est structurelle : en 2025, près de la moitié (48 %) des nouvelles plateformes lancées ont choisi de supporter exclusivement le XMR, abandonnant le Bitcoin jugé trop risqué.
Toutefois, une tension persiste entre la confidentialité et la facilité d’utilisation. Bien que les acteurs de ransomwares expriment une préférence croissante pour Monero — allant jusqu’à offrir des remises pour les paiements en XMR — la majorité des rançons réelles continuent d’être versées en bitcoin.
Ce dernier reste en effet bien plus simple à acquérir et à convertir massivement pour les victimes, soulignant que la liquidité l’emporte souvent sur l’anonymat pur dans les transactions à grande échelle, explique le rapport de TRM Labs.

Les nouvelles failles de la couche réseau : Au-delà de la cryptographie
Si la cryptographie on-chain de Monero demeure intacte, des recherches récentes menées par TRM Labs en collaboration avec des chercheurs académiques mettent en lumière des vulnérabilités au niveau de sa couche peer-to-peer (P2P). Environ 14 à 15 % des pairs du réseau présentent des « comportements non standards, tels que des irrégularités dans le timing des messages ou la composition des listes de pairs ».
Cette concentration de l’infrastructure suggère que certains opérateurs pourraient contrôler une part disproportionnée des nœuds pour obtenir une visibilité structurelle sur la propagation des transactions. Bien que cela ne casse pas le protocole, ces dynamiques de réseau introduisent des variables qui peuvent « affecter les modèles d’anonymat théoriques utilisés par les services de renseignement ».
Monero occupe ainsi une place unique et irremplaçable dans le paysage des cryptoactifs, répondant à une demande de confidentialité que les actifs transparents ne peuvent plus satisfaire. Sa capacité à maintenir un usage soutenu malgré un accès limité aux infrastructures bancaires et boursières classiques confirme son statut de cash numérique du Web3. Pour les autorités et les professionnels de la conformité, le défi se déplace désormais de l’analyse de la blockchain vers l’étude fine des comportements réseau et des interactions aux frontières de l’écosystème Monero.