Clarity Act : le vote s’évapore avant la pause du Sénat, les paris tombent à 14 %
J’attendrai, le jour et la nuit, j’attendrai toujours ton retour. Encore raté. Le Clarity Act, le texte censé clarifier une bonne fois pour toutes le partage des rôles entre SEC et CFTC sur les cryptomonnaies, ne sera pas voté avant que les sénateurs américains ne partent en vacances ce vendredi 7 août. John Thune, chef de la majorité au Sénat, l’a reconnu sans détour : il ne reste tout simplement plus assez de temps pour boucler les débats, examiner les amendements et organiser le vote final.
- Le Clarity Act, destiné à clarifier le partage des rôles entre la SEC et la CFTC sur les cryptomonnaies, n’a pas été voté avant les vacances des sénateurs américains.
- Les cotes de Polymarket pour l’adoption du texte en 2026 ont connu un effondrement, passant de 82 % à 14 % en seulement six mois.
Sur Polymarket, la Clarity Act perd son crédit en quelques semaines
Les chiffres racontent la chute mieux qu’un communiqué de presse. Les cotes de Polymarket sur l’adoption du texte en 2026 sont tombées à environ 14 %, contre un sommet de 82 % en février. Un marché de prédiction qui perd 54 points en six mois, ce n’est pas une correction, c’est un effondrement de confiance. Les traders, eux, ont arrêté d’y croire bien avant que Thune ne l’admette publiquement.
Le texte avait pourtant franchi des étapes qui semblaient décisives. La commission bancaire du Sénat l’avait approuvé par 15 voix contre 9. Un compromis avait même été trouvé sur l’épineuse question des rendements passifs des stablecoins, ces jetons adossés à une monnaie fiat comme le dollar. Donald Trump lui-même avait donné son feu vert à une clause limitant les conflits d’intérêts des élus, lui y compris, alors qu’il détient environ 1,4 milliard de dollars en cryptomonnaies. Rien de tout cela n’a suffi à trouver une fenêtre au calendrier avant l’été.

Un calendrier électoral qui ne laisse plus de place à la crypto
Le Sénat n’a tout simplement plus le temps. Entre les nominations, les crédits budgétaires et une rentrée déjà chargée par les élections de mi-mandat, la crypto glisse en bas de la pile des priorités. Ce report n’a rien d’un cas isolé : le texte cumule les fausses lignes d’arrivée depuis le printemps, chaque fenêtre de vote se refermant avant que les élus ne s’entendent sur les derniers détails.
Le report pèse directement sur l’industrie américaine, qui réclame depuis des années un cadre stable pour distinguer un token d’une valeur mobilière. Reporté à septembre, le texte devra composer avec une rentrée politique où d’autres dossiers domineront l’agenda.
Brian Armstrong, patron de Coinbase, avait relancé la pression en rappelant qu’un Américain sur quatre détient déjà des cryptomonnaies. L’argument électoral n’a visiblement pas suffi. La crypto américaine continuera d’avancer sans filet réglementaire clair au moins jusqu’à l’automne.