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Ethereum : Vitalik Buterin estime que la cybersécurité n’est pas condamnée face à l’IA

Le pire n’est pas écrit. Vitalik Buterin a pris la parole sur X pour contester une idée devenue réflexe dans la sécurité informatique. Pour beaucoup, l’intelligence artificielle armerait mécaniquement les attaquants et signerait la fin de toute défense crédible. Le cofondateur d’Ethereum n’y voit aucune fatalité. Il estime au contraire que la même technologie peut faire pencher la balance du côté des défenseurs. Encore faut-il, selon lui, y consacrer les moyens.

Le débat n’a rien d’abstrait pour l’écosystème crypto. De fait, en février 2025, 1,46 milliard de dollars ont quitté les coffres de Bybit en une seule journée.

Points clés

  • Vitalik Buterin conteste l’idée que l’IA avantage mécaniquement les attaquants en cybersécurité
  • Les sept systèmes finalistes du concours de la DARPA ont trouvé 77 % des failles injectées et 18 vulnérabilités réelles inconnues
  • La vérification formelle automatisée devient un axe central du plan Lean Ethereum
  • Les plus gros vols crypto passent par les clés privées et non par le code, comme le hack Bybit à 1,46 milliard de dollars

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Cybersécurité : Vitalik Buterin s’attaque à l’asymétrie entre attaque et défense

L’asymétrie est connue de tout responsable sécurité. L’attaquant n’a besoin que d’une seule faille, quand le défenseur doit toutes les couvrir. Buterin, lui, ne conteste pas ce déséquilibre : il en discute plutôt l’origine. Le handicap du défenseur tient moins à un manque de compétence qu’au coût de l’audit. Ainsi, relire des millions de lignes de code écrites par des humains pressés coûte cher, et peu d’équipes s’y risquent. Or, un modèle capable d’ingérer une base de code entière puis d’en produire un correctif change ce calcul.

Le terrain d’expérimentation existe déjà. La DARPA a clôturé en août 2025 son AI Cyber Challenge. Ce concours, doté de plusieurs millions de dollars, s’adressait à des systèmes entièrement automatisés. Leur mission : trouver des vulnérabilités dans de vrais logiciels open source, puis les réparer. Les sept finalistes ont détecté 77 % des failles injectées et corrigé 61 % d’entre elles. Ils ont surtout mis au jour 18 vulnérabilités réelles jusque-là inconnues. Les systèmes eux-mêmes en ont corrigé 11, sans aucune intervention humaine. L’agence a par ailleurs exigé la publication du code des sept systèmes sous licence libre.

La même mécanique sert l’attaque, et personne ne le nie. Big Sleep, l’agent développé par Google DeepMind, a signé une première mondiale fin 2024. Il s’agit de la découverte, par une IA, d’une faille exploitable dans SQLite. Il a ensuite dépassé la vingtaine de vulnérabilités remontées en un an. De son côté, la startup XBOW a pris en 2025 la tête du classement américain de HackerOne. Son arme : un outil de test d’intrusion autonome. Dans un rapport distinct publié fin 2025, Anthropic a documenté une campagne d’espionnage attribuée à un groupe étatique chinois. Claude Code y exécutait 80 à 90 % des tâches offensives, contre une trentaine de cibles. Pour Buterin, l’issue dépend de l’effort investi de chaque côté, et d’aucune fatalité technique.

« C’est un avis de plus en plus répandu : le piratage assisté par IA condamnerait la cybersécurité. Je ne suis pas d’accord. Je pense que la cybersécurité favorise naturellement la défense, à condition que chacun s’organise. Et quiconque continue de détenir des cryptomonnaies – moi y compris, pour environ 90 % de mon patrimoine – fait implicitement ce pari. »

Vitalik Buterin sur X

Crypto : le pari d/acc de Vitalik Buterin face aux milliards volés

Cette position prolonge le d/acc, contraction de defensive accelerationism (accélérationnisme défensif). Buterin a formalisé cette doctrine fin 2023. En clair, il s’agit de financer en priorité les technologies qui avantagent la défense, de la biosécurité aux outils cryptographiques. Un an plus tard, il en publiait le bilan. Il plaidait alors pour davantage de moyens sur la cyberdéfense open source. De fait, ce secteur reste chroniquement sous-financé face aux budgets offensifs des États.

Le code des smart contracts offre un terrain particulièrement favorable à cette bascule. En clair, il tient en quelques centaines de lignes, avec un comportement déterministe et une spécification exprimable mathématiquement. Concrètement, la vérification formelle consiste à prouver qu’un programme fait exactement ce que sa spécification décrit. Jusqu’ici, seuls les logiciels critiques y avaient droit, tant elle coûtait cher en temps d’ingénieur. Ainsi, la Fondation Ethereum en a fait un axe de son plan Lean Ethereum, dévoilé en 2025. L’objectif : des clients et une couche de consensus prouvables de bout en bout.

L’angle mort se situe ailleurs. Chainalysis a recensé 2,2 milliards de dollars dérobés en 2024, sur 303 incidents. Parmi eux, 43,8 % provenaient d’une compromission de clés privées. Le vol de 1,46 milliard chez Bybit n’a exploité aucune faille de contrat. Une interface piégée a maquillé la transaction, et les signataires l’ont validée sans le savoir. La défense assistée par IA se déplace donc vers la détection d’anomalies en temps réel. Elle mise aussi sur la simulation de transactions avant signature. Des outils de sécurité de wallets comme Blockaid ont déjà entamé ce chantier.

Le vrai risque : les clés privées, pas le code

Chez Ethereum, ce virage défensif porte un nom et un budget : l’initiative Trillion Dollar Security. La Fondation l’a lancée en mai 2025 pour passer au crible les wallets et les portails d’accès. Elle couvre aussi le code des clients. L’objectif : sécuriser un réseau qui devra un jour porter des milliers de milliards de dollars. La DARPA publie sous licence libre les systèmes issus de son concours. N’importe quel mainteneur peut donc s’en emparer, ce qui ramène à zéro le ticket d’entrée de la défense automatisée.

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Gabriel Montaut

Geek, passionné de SEO, de crypto et d'IA. Responsable SEO pour Journal Du Coin et consultant SEO freelance, je suis investi dans la diffusion et la compréhension des innovations tech en général et m’attache particulièrement à rendre l’actualité accessible au plus grand nombre.

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