Cryptomonnaies : 4 hommes mis en examen pour la séquestration d’une famille à Ploudalmézeau
Un wallet contre cinq otages. Le 20 avril, des gendarmes découvrent une famille ligotée dans son pavillon de Ploudalmézeau (Finistère). Autour de la table : les grands-parents, leur fille et ses deux enfants. Les malfaiteurs visaient les cryptomonnaies que détenait le père. Cinq mois plus tard, le parquet de Rennes annonce quatre mises en examen. La justice a d’ailleurs écroué deux suspects. C’est une avancée rare pour une série de crypto-rapts qui continue de s’allonger en France.
- Un home-jacking lié aux cryptomonnaies a secoué Ploudalmézeau : les malfaiteurs ont pris une famille en otage et volé un wallet.
- La justice a mis en examen quatre suspects et en a incarcéré deux, une avancée rare dans les enquêtes sur les crypto-rapts en France.
Ploudalmézeau : une nuit d’avril qui vire au home-jacking crypto
Cette nuit du 20 avril, des malfaiteurs s’introduisent dans le pavillon familial et saccagent la maison. Ils ligotent les cinq occupants pendant qu’ils s’emparent du wallet du père, actif dans les cryptomonnaies.
C’est un voisin, intrigué par le remue-ménage, qui donne l’alerte aux gendarmes avant que les assaillants ne prennent la fuite. Cependant, le procureur de Rennes ne précise pas le montant du butin emporté ce soir-là. Face à la technicité du dossier, le parquet de Brest se dessaisit au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes. Celle-ci ouvre une information judiciaire le 17 juin. Ensuite, la section de recherches de Rennes reprend l’enquête. Le groupement de gendarmerie du Finistère et la brigade de recherches de Brest l’épaulent.
Quatre suspects, deux régimes de détention pour l’affaire des cryptomonnaies
Les gendarmes interpellent les quatre suspects les 7 et 8 septembre à Bandol (Var), à Paris et à Sevran (Seine-Saint-Denis). Âgés de 18 à 37 ans, tous sont français, originaires de la région parisienne. Par ailleurs, tous ont déjà un casier judiciaire. Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes, précise que l’un des quatre est en récidive légale. La justice l’avait déjà condamné pour trafic de stupéfiants. Toutefois, le parquet reste discret sur la méthode qui a permis de remonter jusqu’à eux, cinq mois après les faits.
Parmi eux, deux sont mis en examen pour l’ensemble des faits :
- vol avec arme en bande organisée,
- enlèvement et séquestration,
- association de malfaiteurs en vue de préparer un crime et blanchiment en bande organisée.
La justice les place en détention provisoire. De leur côté, les deux autres écopent d’une mise en examen plus ciblée, pour la seule association de malfaiteurs, assortie d’un contrôle judiciaire. Le contrôle judiciaire leur interdit tout contact avec les victimes ou les autres mis en examen. Il leur interdit aussi de mettre les pieds dans le Finistère. Au total, quarante militaires ont participé à l’opération. Ils viennent de la section de recherches de Rennes, du groupement du Finistère et d’unités d’intervention mobilisées sur trois départements. Enfin, l’enquête se poursuit sur commission rogatoire.
La plupart des crypto-rapts recensés en France ne débouchent sur aucune interpellation. Une fois les fonds dispersés sur la blockchain, leur traçage devient impossible. Ici, pourtant, deux suspects sont derrière les barreaux cinq mois après les faits. Les deux autres ne sont pas tirés d’affaire pour autant. La justice avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la multiplication des agressions violentes liées aux cryptomonnaies. Ainsi, Ploudalmézeau allonge une liste qui n’a pas fini de s’étoffer en 2026.