Qu’est-ce que Bitcoin Cash (BCH) ? Définition, histoire et fonctionnement du fork de Bitcoin
Bitcoin Cash est le fork le plus célèbre de Bitcoin, et probablement le plus controversé. Né d’un désaccord fondamental sur la direction du réseau en 2017, il porte la vision d’un Bitcoin taillé pour les paiements quotidiens plutôt que pour la réserve de valeur. Sept ans plus tard, le projet continue d’évoluer, entre fidélité à la vision originale et quête de pertinence face aux stablecoins.
Concrètement, il s’agit d’une cryptomonnaie issue d’un hard fork de la blockchain Bitcoin, survenu le 1er août 2017 au bloc 478 558. Le réseau reprend le mécanisme de preuve de travail (SHA-256) et le plafond de 21 millions d’unités de Bitcoin, mais augmente la taille maximale des blocs à 32 Mo pour favoriser un débit transactionnel plus élevé et des frais de transaction plus bas. Au moment de la rédaction (avril 2026), le BCH s’échange aux alentours de 465 $ pour une capitalisation d’environ 9,3 milliards de dollars, avec une offre en circulation de 20 millions de jetons.
Sommaire
Qu’est-ce que Bitcoin Cash ?
Bitcoin Cash se positionne comme un système de monnaie électronique pair-à-pair, fidèle à la formulation du livre blanc de Satoshi Nakamoto. Le projet est né d’un conflit au sein de la communauté Bitcoin sur la manière de résoudre le problème de scalabilité : d’un côté, les partisans du maintien de blocs de 1 Mo complétés par des solutions de couche 2 (Lightning Network) ; de l’autre, ceux qui préconisaient l’augmentation directe de la taille des blocs pour traiter davantage de transactions sur la couche de base.
Le réseau traite en moyenne 116 transactions par seconde, contre environ 7 pour Bitcoin, avec des frais généralement inférieurs à 0,01 $. Cette combinaison débit/coût en fait un candidat pour les micro-paiements, les transferts transfrontaliers et le commerce quotidien. Le site officiel présente le projet et ses cas d’usage.
Comment fonctionne Bitcoin Cash ?
Preuve de travail et minage
Bitcoin Cash utilise le même algorithme de hachage que Bitcoin : SHA-256. Les mineurs de BCH et de BTC partagent donc le même type de matériel (ASICs). La difficulté de minage s’ajuste dynamiquement via l’algorithme ASERT (aserti3-2d), qui recalibre la difficulté à chaque bloc en fonction du temps écoulé depuis un bloc d’ancrage. Ce mécanisme rend le réseau plus réactif aux fluctuations de hashrate que l’ajustement bihebdomadaire de Bitcoin.
En avril 2026, le hashrate de Bitcoin Cash oscille entre 3,2 et 8,5 EH/s, contre environ 900 EH/s pour Bitcoin. Ce ratio de puissance de calcul est le principal facteur de risque technique du réseau : une fraction des mineurs Bitcoin pourrait théoriquement réallouer leur puissance pour attaquer BCH, même si le coût économique d’une telle opération reste dissuasif en pratique.
Taille des blocs et capacité
La taille maximale des blocs a été portée de 8 Mo au lancement (2017) à 32 Mo en 2018. En 2024, l’algorithme ABLA (Adaptive Block Limit Algorithm) a été activé pour ajuster dynamiquement cette limite en fonction de la demande réelle du réseau. Les blocs plus grands permettent d’inclure davantage de transactions par bloc, mais augmentent les exigences de stockage et de bande passante pour les nœuds complets, un compromis au cœur du débat originel avec Bitcoin.
CashTokens et contrats intelligents
Depuis mai 2023, la mise à jour CashTokens permet la création native de jetons fongibles et non fongibles directement sur la blockchain BCH, sans couche intermédiaire. Cette fonctionnalité rapproche Bitcoin Cash des blockchains programmables et ouvre la voie à des applications décentralisées (DEX, NFT, actifs tokenisés) sur un réseau historiquement limité aux transferts de valeur.
Histoire et jalons
Le fork du 1er août 2017 a lieu dans un climat de « guerre des blocs » (block size war) qui divise la communauté Bitcoin depuis 2015. Roger Ver, investisseur précoce de Bitcoin et promoteur des « gros blocs », devient la figure publique la plus associée au projet. Jihan Wu, cofondateur du fabricant de mineurs Bitmain, soutient également le fork.
En novembre 2018, un désaccord interne provoque une nouvelle scission : Craig Wright et Calvin Ayre créent Bitcoin SV (BSV), tandis que la branche principale conserve le nom Bitcoin Cash. En novembre 2020, un troisième fork donne naissance à Bitcoin Cash ABC (devenu eCash/XEC), mené par Amaury Séchet, l’un des développeurs originaux. Ces épisodes fragmentent la communauté et la puissance de minage.
En avril 2024, le halving réduit la récompense de bloc à 3,125 BCH, aligné sur le calendrier de Bitcoin. En mai 2025, le hard fork Velma améliore les limites de la machine virtuelle et la précision arithmétique. Le prochain upgrade, Layla, est prévu pour le 15 mai 2026.

Écosystème et adoption
L’écosystème DeFi de Bitcoin Cash reste modeste mais en croissance depuis CashTokens. HonorSwap et CashDEX fournissent des services d’échange décentralisé, CashLend propose du prêt et de l’emprunt. La TVL totale reste limitée comparée aux chaînes EVM, mais l’objectif de BCH n’a jamais été de concurrencer Ethereum sur la DeFi.
L’adoption comme moyen de paiement se concentre dans les remises de fonds transfrontalières (Amérique latine, Asie du Sud-Est) et le secteur de l’iGaming. CashFusion, un protocole de mélange intégré aux portefeuilles compatibles (Electron Cash), améliore la confidentialité des transactions pour les utilisateurs qui le souhaitent.
Comment acheter du BCH ?
Le BCH est largement disponible sur les plateformes d’échange centralisées. Binance, Kraken et SwissBorg proposent le BCH avec une liquidité correcte. Le parcours classique s’applique : inscription, vérification d’identité, dépôt en euros, puis ordre au marché ou à cours limité.
Le guide pour acheter des cryptomonnaies et la page sur les plateformes d’échange détaillent les étapes. Lors du retrait, vérifier que le réseau sélectionné est bien Bitcoin Cash (BCH) et non Bitcoin (BTC) : les deux utilisent des formats d’adresse distincts (CashAddr pour BCH), mais une erreur d’envoi entre chaînes peut entraîner une perte de fonds.
Qui développe Bitcoin Cash ?
Bitcoin Cash n’a pas d’entité unique de développement. Plusieurs implémentations indépendantes maintiennent le protocole : Bitcoin Cash Node (BCHN), qui est devenu l’implémentation de référence après le fork ABC de 2020, Bitcoin Unlimited, Bitcoin Verde et Knuth. Les évolutions du protocole passent par des propositions publiques appelées CHIP (CasH Improvement Proposals), discutées sur bitcoincashresearch.org.
Ce modèle multi-implémentations est un choix volontaire pour éviter la dépendance à un seul groupe de développeurs. Le financement du développement repose sur des dons communautaires et des initiatives ponctuelles ; il n’y a ni fondation dotée d’un trésor important ni mécanisme de financement on-chain comparable à celui de Cardano ou de TRON.
Notre avis sur Bitcoin Cash (BCH)
À notre avis, Bitcoin Cash a un argument légitime : les frais à 0,01 $ et un débit de 116 TPS sur la couche de base permettent des paiements simples et bon marché, sans recourir à une couche 2. Pour les transferts entre deux portefeuilles ou les remises de fonds dans des régions où la bancarisation est faible, BCH fonctionne. Les upgrades récents (CashTokens, ABLA, Velma) montrent que le développement n’est pas à l’arrêt et que le réseau évolue vers davantage de programmabilité.
Nous considérons que le principal défi de Bitcoin Cash est la concurrence. Pour les paiements, les stablecoins (USDT et USDC sur TRON, Solana ou les rollups Ethereum) captent la demande là où le BCH espérait s’installer. Pour la réserve de valeur, le BTC domine sans partage. Le hashrate limité (moins de 1 % de celui de Bitcoin) pose une question de sécurité structurelle, même si aucune attaque 51 % n’a abouti à ce jour. Les forks successifs (BSV, eCash) ont dispersé la communauté et dilué la marque. Roger Ver, figure historique du projet, fait l’objet de poursuites judiciaires aux États-Unis pour fraude fiscale depuis 2024, un facteur de risque réputationnel supplémentaire.
À nos yeux, le BCH s’adresse à un profil d’utilisateur qui croit à la thèse « cash numérique » telle que formulée dans le livre blanc de 2008, et qui considère que l’augmentation de la taille des blocs est la bonne réponse au problème de scalabilité. C’est une thèse de niche, portée par une communauté convaincue mais numériquement réduite, dans un marché qui a largement tranché en faveur de Bitcoin pour la couche 1 et des stablecoins pour les paiements.