Comment fonctionnent les bots de liquidité ? Le market making en crypto
Dans l’article précédent, nous avons vu pourquoi les marchés ont besoin de market makers pour fonctionner correctement.
Mais une question se pose naturellement : qui place réellement tous ces ordres, en continu, sur des dizaines de marchés différents ?
La réponse est simple : dans la majorité des cas, ce ne sont plus des humains, mais des systèmes automatisés.
Une grille profite des phases de va-et-vient jusqu’à ce que la tendance s’installe ; alors ce n’est plus l’écartement des ordres qui domine le risque, mais l’inventaire déséquilibré.
La stratégie présentée par Neutralis est pensée autour de ce basculement : conserver l’intérêt des oscillations tout en limitant jusqu’où une phase directionnelle peut faire pencher le portefeuille.
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Pourquoi le market making est devenu automatisé
Fournir de la liquidité demande une présence constante.
Il faut ajuster ses ordres en permanence, réagir aux mouvements de prix, maintenir une cohérence entre les positions, et ce, 24 heures sur 24.
Sur les marchés crypto, cette exigence est encore plus forte. Les marchés ne ferment jamais, la volatilité est élevée, et les mouvements peuvent être rapides.
Dans ce contexte, il devient pratiquement impossible d’opérer manuellement.
Les bots de trading se sont donc imposés comme une évidence. Ils permettent d’exécuter des stratégies de manière continue, sans interruption, avec une discipline impossible à maintenir humainement.
Une logique simple : entourer le prix
La plupart des bots de market making reposent sur un principe relativement intuitif.
Plutôt que de chercher à deviner la direction du marché, ils vont placer des ordres autour du prix actuel.
Si le prix monte, certaines positions sont vendues.
S’il baisse, d’autres sont achetées.
Ce mécanisme permet de capter les mouvements intermédiaires, ces allers-retours permanents que l’on observe sur presque tous les actifs.
C’est de cette logique qu’est née l’une des stratégies les plus répandues : le grid trading.

Le fonctionnement d’une grille
Une grille consiste à répartir des ordres à intervalles réguliers au-dessus et en dessous du prix.
Imaginons un actif qui se situe à 100.
Un bot peut placer :
- des ordres d’achat à 99, 98, 97 ;
- des ordres de vente à 101, 102, 103.
Chaque fois que le prix oscille, certains ordres sont exécutés.
Si le marché monte puis redescend, ou l’inverse, le bot va accumuler de petits gains à chaque passage.
Ce fonctionnement paraît simple, presque mécanique. Et c’est précisément ce qui fait sa force.
Pourquoi les grilles fonctionnent… jusqu’à un certain point
Les marchés ne se déplacent pas en ligne droite.
Ils oscillent, corrigent, reviennent sur leurs niveaux, puis repartent. Cette structure crée un environnement favorable aux stratégies qui captent les mouvements répétitifs.
Dans un marché latéral ou modérément directionnel, une grille peut fonctionner efficacement. Elle transforme la volatilité en opportunité.
Mais cette approche a une limite.
Lorsque le marché part dans une tendance forte et prolongée, le mécanisme se déséquilibre.
Dans une forte baisse, le bot accumule progressivement de l’actif.
Dans une forte hausse, il s’en déleste.
Dans les deux cas, il peut se retrouver dans une position inconfortable, avec un portefeuille déséquilibré.
Pour comprendre ces dynamiques en détail, une conférence Neutralis présente les stratégies quantitatives qui exploitent la volatilité crypto tout en limitant la dépendance à une direction unique.

Une stratégie simple en apparence, mais plus complexe en pratique
C’est souvent là que se situe le malentendu.
Le grid trading est parfois présenté comme une stratégie « facile », presque automatique. En réalité, sa robustesse dépend de nombreux paramètres.
L’espacement des ordres, la taille des positions, la gestion du capital, mais surtout la manière dont le système réagit lorsque le marché sort de sa zone de confort.
Car le véritable enjeu n’est pas de capter la volatilité quand tout va bien.
C’est de survivre lorsque le marché cesse de coopérer.
Vers des approches plus structurées
C’est précisément pour répondre à cette limite que certaines stratégies ont évolué.
Plutôt que de reposer uniquement sur une grille, elles intègrent des mécanismes complémentaires, notamment pour limiter l’impact des mouvements directionnels trop marqués.
L’idée n’est plus seulement de capter les oscillations, mais d’encadrer le comportement global du portefeuille.
Cette approche vise à conserver les avantages du market making, tout en réduisant sa dépendance à un environnement spécifique.
C’est notamment l’un des principes explorés dans la stratégie Neutralis.
Les bots permettent d’exécuter des stratégies de manière efficace.
Les grilles permettent de capter la volatilité.
Mais un problème fondamental reste encore à résoudre.
Dans l’article suivant, nous verrons ce qui constitue le véritable risque du market making : l’inventaire, et pourquoi il peut transformer une stratégie rentable en perte s’il est mal géré.