Cours des cryptomonnaies : une adaptation permanente – Le market making en crypto
Dans la série commencée avec la liquidité et les market makers, puis les bots et les grilles et l’inventaire, nous avons vu que le market making s’appuie souvent sur une idée simple : placer des ordres autour du prix pour capter les oscillations.
Mais dans la réalité, aucune stratégie sérieuse ne se contente de laisser une grille figée.
Le marché évolue en permanence. Et une stratégie qui n’évolue pas avec lui finit par se désynchroniser.
C’est précisément là que se joue la différence entre une approche basique… et une approche réellement robuste.
Quand le marché s’emballe, on élargit les écarts ; quand le portefeuille se charge d’un côté, on ajuste les prix pour revenir progressivement vers un équilibre. Ce n’est pas prédire la direction.
La stratégie Neutralis détaille comment ces réglages s’imbriquent avec un cadre de risque clair, pensé pour durer.
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Un marché qui change en continu
Les conditions de marché ne sont jamais stables.
Par moments, le prix évolue lentement, avec des mouvements contenus. À d’autres, il devient beaucoup plus instable, avec des variations rapides et imprévisibles.
Parfois, le marché oscille autour d’un niveau. Parfois, il dérive progressivement dans une direction.
Ces changements ne sont pas exceptionnels. Ils sont la norme.
Une stratégie efficace doit donc s’adapter en permanence à cet environnement.
Pourquoi une grille fixe finit par poser problème
Une grille statique fonctionne bien… tant que le marché reste dans le cadre pour lequel elle a été conçue.
Mais dès que ce cadre change, ses limites apparaissent.
Si la volatilité augmente, des ordres trop rapprochés peuvent être exécutés trop rapidement, créant une accumulation déséquilibrée.
Si le marché devient plus directionnel, la grille peut progressivement se décaler par rapport au prix, perdant en efficacité.
Dans les deux cas, le problème n’est pas la stratégie en elle-même.
C’est son manque d’adaptation.
L’ajustement des spreads
L’un des premiers leviers d’adaptation consiste à ajuster l’écart entre les ordres.
Lorsque le marché est calme, les spreads peuvent être plus serrés. Cela permet de capter des mouvements fréquents, même de faible amplitude.
À l’inverse, lorsque la volatilité augmente, élargir les spreads devient nécessaire.
Cela permet d’éviter des exécutions trop rapides et de mieux absorber les mouvements plus amples.
Ce simple ajustement change profondément le comportement de la stratégie.

L’influence de l’inventaire
Comme nous l’avons vu précédemment, l’inventaire joue un rôle central.
Une stratégie trop exposée à l’actif n’a pas le même profil de risque qu’une stratégie majoritairement en cash.
Les market makers en tiennent compte en permanence.
Lorsque l’exposition devient trop importante, ils peuvent réduire leur activité dans un sens et la favoriser dans l’autre.
Concrètement, cela revient à déplacer les ordres.
Par exemple, si le portefeuille contient trop d’actif, les ordres d’achat peuvent être placés plus loin, tandis que les ordres de vente restent plus proches.
Ce type d’ajustement permet de rééquilibrer progressivement la position.
Comprendre ces dynamiques en détail
Une conférence Neutralis présente les stratégies quantitatives qui exploitent la volatilité crypto tout en limitant la dépendance à une direction unique.
Une logique dynamique, pas prédictive
Ce point est souvent mal compris.
Adapter ses ordres ne signifie pas essayer de prédire le marché.
Il ne s’agit pas de dire « le marché va monter » ou « le marché va baisser ».
Il s’agit de dire : dans l’état actuel du marché et du portefeuille, quelle est la meilleure manière de rester cohérent ?
Cette approche est fondamentalement différente du trading directionnel.
Elle repose sur l’ajustement continu, pas sur l’anticipation.
Ce que font réellement les stratégies avancées
Dans les faits, les stratégies les plus abouties combinent plusieurs dimensions : elles prennent en compte la volatilité du marché, l’état du carnet d’ordres, et la composition du portefeuille.
Ces éléments influencent en permanence la manière dont les ordres sont positionnés.
Le résultat n’est plus une grille fixe, mais une structure évolutive, capable de s’adapter à des conditions changeantes.
C’est cette capacité d’adaptation qui permet de maintenir une certaine cohérence dans des environnements variés.
Vers une gestion plus globale
À ce stade, une chose devient claire.
Le market making ne se résume pas à placer des ordres autour du prix.
C’est un équilibre entre plusieurs forces : la volatilité, l’exposition, et la structure du marché.
Certaines approches vont encore plus loin en intégrant des mécanismes supplémentaires pour encadrer cet équilibre, notamment lorsque le marché devient fortement directionnel.
L’objectif n’est plus seulement d’optimiser les points d’entrée et de sortie.
Il devient de contrôler la trajectoire globale du portefeuille.
C’est dans cette logique que s’inscrivent des stratégies comme la stratégie Neutralis, qui cherchent à structurer l’exposition tout en exploitant les mouvements de marché.
Nous avons vu comment les stratégies s’adaptent.
Mais une question essentielle reste ouverte :
ces approches permettent-elles réellement de battre le marché sur le long terme ?
Dans l’article suivant, nous verrons ce que disent les recherches et l’expérience réelle sur les stratégies de market making, entre promesses théoriques et contraintes concrètes.