Résultats trimestriels de Coinbase : Douche froide à 667 millions de $
Le réveil est brutal pour Brian Armstrong. Alors que le champagne du trimestre précédent finit à peine de pétiller, Coinbase vient de prendre une douche écossaise à 667 millions de dollars. Entre des marchés cryptos qui jouent les prolongations hivernales et un trading retail en chute libre de 13 %, le géant américain tangue, mais ne coule pas. Plongeons dans les entrailles d’un bilan qui révèle une mutation profonde : l’ère du petit trader est-elle révolue au profit des baleines institutionnelles ?
- Coinbase a subi un choc financier de 667 millions de dollars, révélant une transformation profonde vers une clientèle institutionnelle.
- Malgré la chute des revenus du trading au comptant, Coinbase a misé sur la diversification, notamment à travers les dérivés et les stablecoins.
Qui sont les clients de Coinbase ?
Le graphique issu des données de The Block est sans appel : la structure de Coinbase a radicalement changé. Si l’on observe la segmentation de la clientèle, le volume « Institutional » écrase désormais le secteur « Retail ». Pourtant, c’est là que le bât blesse. Le commerce de détail, vache à lait historique de la plateforme, a vu ses revenus de transaction s’éroder face à la frilosité ambiante.
Le particulier, refroidi par une capitalisation globale du marché qui a fondu de 1,1 billion de dollars fin 2025, semble avoir déserté les carnets d’ordres. Coinbase se retrouve dans la position inconfortable du colosse aux pieds d’argile : des volumes records portés par les institutions, mais une rentabilité directe qui s’amenuise à cause de la migration vers des outils de trading avancés à moindres frais.

Le pivot stratégique : Mourir en spot ou vivre en dérivé
Face à la fonte des revenus du trading au comptant (Spot), Brian Armstrong joue la carte de la diversification agressive. C’est la stratégie de l’« Everything Exchange ».
- L’offensive sur les Dérivés : Grâce à l’intégration des opérations de Deribit, Coinbase compense la mollesse du Spot par la vigueur des produits dérivés.
- L’USDC, le gagne-pain invisible : Avec 364 millions $ de revenus générés au Q4, les stablecoins ne sont plus un accessoire mais un airbag financier crucial.
- L’incursion dans les actions : En lançant le trading d’ETF et les marchés de prédiction, la firme tente de devenir le guichet unique de la finance moderne.
Hyperliquid devant Coinbase ?
Pour bien mesurer les chiffres de Coinbase, il suffit de regarder du côté de la DeFi. Le protocole Hyperliquid a réussi l’insolent exploit de générer plus de bénéfices nets que l’ogre américain au troisième trimestre 2025. Là où Coinbase dégageait 433 millions de dollars de profit avec ses milliers d’employés, Hyperliquid engrangeait 491,5 millions de dollars avec une équipe ultra-réduite.
Le constat est cruel : la rentabilité par employé chez Coinbase plafonne à 90 302 $, quand elle explose à plus de 44 millions de dollars chez Hyperliquid.
« Hyperliquid génère plus de revenus que Coinbase.»
Wall Street : Entre méfiance et rachat d’actions
Le marché a réagi de manière épidermique. L’action COIN a brièvement touché un plus bas de deux ans à 135 $ dès la publication, avant de remonter vers les 147 $ dans une volatilité digne d’un altcoin de seconde zone. Pourquoi ce rebond ? Probablement parce que Coinbase a racheté pour 1,7 milliard $ de ses propres actions, envoyant un signal de soutien aux investisseurs.
Cependant, le malaise persiste autour de Brian Armstrong. Les révélations sur la vente de 500 millions $ de ses titres personnels au cours des 9 derniers mois font jaser les analystes. Armstrong prépare-t-il la suite ou sécurise-t-il simplement ses gains avant une année 2026 qui s’annonce glaciale ?
Une chose reste sure, la perte de 667 millions $ est une correction sévère, mais avec 11,3 milliards $ de liquidités, Coinbase a les reins assez solides pour parier sur sa mutation profonde.