Tokenisation RWA : « les États-Unis vont dépasser l’Europe », s’inquiètent les acteurs cryptos de l’UE
La course à la tokenisation bat son plein. Alors que les États-Unis avancent à grands pas dans la tokenisation des actifs financiers, l’Europe pourrait bien être en train de perdre du terrain. Huit entreprises européennes spécialisées dans les actifs numériques ont tiré la sonnette d’alarme, exhortant les décideurs politiques à accélérer les réformes nécessaires pour ne pas se laisser distancer par l’Oncle Sam.
- Les États-Unis sont bien partis pour prendre une avance considérable dans la tokenisation RWA des actifs financiers, avec un gros risque que l’Europe reste à la traîne.
- Huit entreprises européennes ont exhorté les régulateurs de l’UE à réformer le régime pilote DLT pour rester compétitifs face à l’innovation américaine.
L’Europe va rapidement perdre son avance sur la tokenisation RWA si rien n’est fait
La tokenisation RWA des actifs du monde réel (Real World Assets) est une innovation majeure qui va révolutionner les marchés financiers. En numérisant des actifs traditionnels, comme des actions ou des obligations, en tokens sur des réseaux blockchains, ces actifs tokenisés deviennent beaucoup plus rapides et moins coûteux à échanger.
Et si l’Europe a été parmi les premières régions du monde à mettre en place un cadre légal, avec un bac à sable réglementaire pour tester ces nouvelles infrastructures appelé « régime pilote DLT » (DLT pour Distributed Ledger Technology) : ses limitations actuelles pourraient bien freiner le développement de la tokenisation.
Ce sont ainsi 8 groupes européens – Securitize, 21X, Boerse Stuttgart Group’s Seturion, Central Securities Depository, Lise, OpenBrick, STX et Axiology – qui ont envoyé, ce 5 février 2026, une lettre ouverte aux régulateurs de l’Union européenne, leur demandant « d’agir maintenant » pour améliorer ce régime pilote DLT, et le rendre compétitif par rapport aux États-Unis.

Le TGV réglementaire US va laisser derrière les crypto-entreprises européennes enchaînées par l’UE
Les 8 firmes européennes, qui sont donc des spécialistes de la tokenisation RWA, pensent toutes très sérieusement que les États-Unis, sous l’impulsion de l’administration Trump, pourrait doubler le marché crypto européen, qui était pourtant parti en avance en quelque sorte.
« Alors que l’Europe délibère, les États-Unis ont déjà agi et sont en passe de s’approprier les rails numériques de la future économie mondiale. Grâce à des mesures telles que la lettre de non-intervention de la SEC à la DTCC [NDLR : la Depository Trust & Clearing Corporation (DTCC) prévoit de tokeniser une large gamme d’actifs], les États-Unis permis une tokenisation à une échelle industrielle, avec un marché de règlement entièrement numérique T+0 [NDLR : règlement le jour même de la transaction, et en réalité quasi immédiat sur les blockchains] prévu dès cette année 2026. Cela crée une fenêtre de quatre ans pour un arbitrage réglementaire [en la défaveur de l’Europe]. »
Lettre ouverte des 8 groupes européens spécialisés dans la tokenisation RWA
Pour éviter ce retard dramatique, les 8 entreprises européennes proposent plusieurs ajustements au régime pilote DLT. Parmi eux, la suppression des restrictions sur les actifs pouvant être tokenisés, l’augmentation du plafond de volume de transactions de 6 à 9 milliards d’euros actuellement à 100-150 milliards d’euros, et l’élimination de la limitation de six ans sur les licences. Si, en plus, Paul Atkins, le président de la SEC (Securities and Exchange Commission) fini par mettre en place son exemption à l’innovation pour le secteur des cryptomonnaies, le TGV de la tokenisation étasunienne va carrément se transformer en maglev (les trains à lévitation magnétique).