Bitcoin et Ethereum : Le marché crypto en pleine métamorphose institutionnelle
Le marché des cryptomonnaies a entamé l’année 2026 avec une silhouette nettement plus svelte. Fini l’embonpoint spéculatif de 2024 / 2025 ! Le rapport conjoint de Coinbase Institutional et Glassnode souligne une structure de marché « nettoyée » par l’événement de liquidation massif d’octobre dernier. On fait le point.
- Le marché des cryptomonnaies a entamé 2026 avec une structure assainie, marquée par une réduction drastique de l’effet de levier, après l’événement de liquidation massif d’octobre précédent.
- Malgré sa dominance de 59 %, le Bitcoin traverse une phase de consolidation marquée par une certaine nervosité, les investisseurs privilégiant la prudence dans un contexte géopolitique tendu.
L’après-Octobre : Quand le marché troque le levier pour la prudence
L’effet de levier systémique a fondu comme neige au soleil, tombant à environ 3 % de la capitalisation globale. C’est une véritable révolution de palais : les traders ont délaissé les contrats à terme perpétuels (perps), souvent synonymes de paris risqués, au profit des options.
Pour la première fois de manière aussi marquée, l’intérêt ouvert sur les options Bitcoin dépasse celui des futures. En clair : on ne cherche plus seulement à parier sur la hausse, on cherche à protéger ses arrières. Comme dirait l’autre, « la fortune sourit aux audacieux », mais en 2026, elle sourit surtout aux prévoyants qui savent couvrir leurs positions.

Bitcoin : Un roi à 59 % de Dominance, mais l’esprit torturé
Par ailleurs, le rapport souligne que malgré une mainmise incontestée sur le marché (59 % de dominance), le Bitcoin n’affiche pas une sérénité olympienne. L’indicateur NUPL (Net Unrealized Profit/Loss) a basculé du stade de la « Croyance » à celui de l’« Anxiété ».
Ce n’est pas un signal de panique, mais plutôt une phase de consolidation digestive. Les investisseurs institutionnels, interrogés par Coinbase, restent « sélectivement constructifs ». Ils aiment le Bitcoin, mais ils l’aiment avec une ceinture et des bretelles, préférant l’exposition aux grandes capitalisations alors que les tensions géopolitiques mondiales font rage.
Le paradoxe Ethereum : victime de son propre succès ?
C’est là que le bât blesse. Ethereum semble approcher d’une phase de fin de cycle, mais pas de la manière dont on l’imaginait. Les signaux cycliques traditionnels perdent de leur superbe. Pourquoi ? À cause de la compression des frais sur les Layer 2 (L2).
Certes, c’est une bénédiction pour l’utilisateur qui ne paie plus ses transactions le prix d’un rein, mais pour la valorisation de l’ETH, c’est un casse-tête. Le rapport souligne ainsi que la mécanique de « burn » est moins efficace, et le marché peine à valoriser cette nouvelle économie de réseau.
En résumé, la crypto de ce début d’année 2026 n’est plus l’adolescente rebelle et imprévisible de 2021. C’est une industrie qui a appris la discipline. La structure est propre, les risques sont identifiés et les acteurs sont sérieux. Si le sentiment reste prudent, la résilience structurelle, elle, n’a jamais été aussi forte. On ne subit plus le marché, on le gère.