Séquestrations et crypto : Le parquet du Mans demande un procès aux assises pour un réseau criminel
Que justice soit faite. L’étau judiciaire se resserre autour d’un groupe criminel spécialisé dans les enlèvements liés aux actifs numériques. Le 22 janvier 2026, le parquet du Mans a officiellement requis le renvoi devant la cour d’assises de six individus pour une série de séquestrations violentes visant des proches de personnalités du secteur crypto, dont le père de l’influenceur TeufeurS.
- Le parquet du Mans a requis le renvoi aux assises de six individus pour des enlèvements liés aux cryptomonnaies.
- Le « commando de Bois-d’Arcy » a utilisé une méthode de faux livreurs pour extorquer des rançons massives en cryptomonnaies.
Le « commando de Bois-d’Arcy » et la méthode des faux livreurs
Selon France info, l’enquête a permis de mettre au jour un mode opératoire rodé, baptisé « cryptorapt », qui s’appuie sur une technique de ruse particulièrement efficace. En août 2023, à Cures dans la Sarthe, le père du célèbre influenceur maltais TeufeurS avait été emmené de force dans une camionnette volée après avoir ouvert sa porte à un complice grimé en livreur Amazon.
Sous la contrainte, une rançon massive de 1,7 million d’euros en cryptomonnaies avait été versée sur des portefeuilles numériques contrôlés par les ravisseurs. Le noyau dur de cette organisation s’est structuré en détention, au sein de la prison de Bois-d’Arcy, entre 2022 et 2023.
Les investigations révèlent que le groupe n’en était pas à son premier coup d’essai : ils sont également soupçonnés d’avoir séquestré la mère d’un autre influenceur basé à New York, à Élancourt, obtenant cette fois une rançon de 30 000 euros. Pour les enquêteurs, ces criminels ont compris que le « maillon faible » de la sécurité crypto ne se trouve pas dans le code informatique, mais dans la vulnérabilité physique des familles.

Des ramifications internationales pour ce gang spécialisé dans les agressions crypto
L’affaire prend ensuite une dimension géopolitique avec des protagonistes dispersés carrément aux quatre coins du globe. Le commanditaire présumé, Badiss B., a ainsi piloté les opérations à distance depuis le Maroc avant d’être interpellé à Tanger en juin 2025.
Bien que sous mandat de recherche, son extradition vers la France n’a toujours pas été actée. Plus surprenant encore, le réseau s’appuie sur une septième personne installée au Venezuela, chargée de blanchir les fonds extorqués. Les noms de Badiss B. et de son complice Djelloul C. apparaissent également dans d’autres dossiers brûlants de 2025, notamment celui du rapt spectaculaire de David Balland, cofondateur de Ledger.
L’enquête montre que certains membres du commando auraient continué à coordonner des attaques depuis leurs cellules de prison à l’aide de téléphones portables illicites. Le juge d’instruction doit désormais décider si ce dossier de criminalité organisée fera l’objet d’un procès historique aux assises dans les prochains mois.
Le réquisitoire du parquet du Mans souligne la dangerosité de ces réseaux qui ciblent spécifiquement les « nouveaux riches » de la crypto. Face à des rançons atteignant des millions d’euros, les méthodes de banditisme traditionnel s’adaptent à la finance décentralisée, transformant chaque détenteur de portefeuille célèbre en cible potentielle. Ce futur procès sera un test majeur pour la justice française dans sa lutte contre les nouvelles formes de criminalité violente. Croisons les doigts pour que l’ampleur de la sanction dissuade les autres criminels toujours en action de poursuivre leurs sinistres activités.