Peut-on encore gouverner à l’heure des gilets jaunes ?

Trading du CoinTrading du Coin

Deux siècles après les « sans-culottes », l’émergence des « Gilets Jaunes » est une première pour le système politique français qui doit répondre aux aspirations d’un mouvement hétéroclite, décentralisé et sans véritables représentants. L’Histoire est-elle vouée à se répéter ? Face à un tel mouvement, les Gouvernants doivent-ils céder, s’immobiliser ou se réinventer ?

Cette tribune vous est proposée par Fabien Aufrechter (Directeur de Havas Blockchain) et Brian O’Hagan (Directeur de la communication – Coinhouse).

Redistribuer le jeu politique

D’une certaine manière, il n’y a rien de plus virtuel que le Peuple. Et pourtant, il n’y a rien de plus réel que lui : il est le socle même de notre société et de ses institutions puisqu’il est le cœur de la démocratie. Pour pallier au paradoxe, les théories politiques ont développé la notion de démocratie représentative. Cette démocratie se résume au choix par élimination, tous les 5 ans, d’un représentant. Mais lorsque le peuple perd confiance, se réveille et plaide pour plus d’inclusion, plus de démocratie directe, l’État semble devenir ingouvernable.

Pour reprendre la main, le « recours au peuple » est généralement la solution que les Gouvernements privilégient. Mais par le référendum ou l’organisation de votations directes, ils s’inclinent vis-à-vis de ce qui fonde leur légitimité propre : l’onction de leur propre élection que la tradition a sacralisé. Ce n’est donc pas la démocratie qu’il faut redistribuer, mais la Gouvernance politique. Et cela n’est possible que par une compréhension de la vague de colère qui submerge le jeu politique.

L’avenir est à la confiance distribuée

Un mouvement profondément idéologique et fondamentalement décentralisé, cela ne vous rappelle rien ? À l’ombre des « Gilets jaunes » guette le modèle de la « confiance distribuée » structurante des technologies blockchain. Alors que Bitcoin fête ses dix ans, il est temps d’arrêter de mépriser l’émergence des Gouvernances décentralisées pour enfin créer des ponts entre leur structure participative et les organisations traditionnelles.

Pour Bitcoin comme pour les « Gilets jaunes », il ne semble ainsi y avoir que trois avenirs possibles :

• Une « cornerisation » qui conduirait à un dépérissement progressif et donc à une cristallisation des activités autour d’une communauté très limitée.
• Un déploiement massif qui conduirait dans les deux cas, en l’état de leurs architectures aujourd’hui peu “scalables” à un engorgement.
• Ces deux avenirs ne sont que peu probable. Reste donc la troisième voie : celle du compromis qui ne résultera jamais que dans l’intégration progressive du mouvement décentralisé – commençant par une légitimation sinon de sa forme, du moins de ses aspirations.

Retrouver le consensus

Vous êtes au pouvoir et vous voyez déferler soudainement une vague de colère antisystème ? Vous êtes une grande entreprise au business irrémédiablement menacé par l’émergence de modèles décentralisés ? Vous ne devrez jamais votre salut qu’à l’intégration de la réalité de ce qui semble vous menacer et votre adossement sincère à celle-ci. Ainsi qu’à l’adoption de ses codes et surtout de son tempo. La perte de confiance du peuple dans les institutions ouvre la possibilité d’une prise de conscience radicale et d’une remise à plat de nos gouvernances.

Alors que les logiques autonomes et décentralisées ont vocation à se pérenniser, il paraît nécessaire d’apprivoiser enfin ces mouvements : face à la vague des structures décentralisées, la clef est de renouer enfin avec la transparence. Le temps est désormais compté : ce qui vous semble marginal, différent ou trop petit aujourd’hui, pourrait bien devenir le coeur de notre société demain.

Vous avez apprécié cet article ?

Cliquez pour lui donner votre note !

Moyenne / 5. Nombre de votes :

Pas encore de votes ! Soyez le premier à noter cet article.

Tribune libre
L'expression « tribune libre » renvoie à une rubrique ouverte à des auteurs extérieurs au journal. Ce mode de publication permet à une personne ou à un groupement qui n’appartient pas à l’équipe de rédaction d’exprimer publiquement ses idées.

1
Poster un Commentaire

avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
plus récent plus ancien Le plus populaire
balbutiant
Invité
balbutiant

Excellente tribune !